Y’en a des biens

Norway Forever

Les norvégiens seraient donc un peu comme les bretons. Le côté extraverti, tout fou la galette, ce n’est pas dans leur culture. Ils sont très… « réservés », disons. Mais il suffit de gratter la première croûte pour s’apercevoir qu’ils sont prêt à nous aider à chaque sollicitation. Ils ne parlent pas s’ils n’ont rien à dire, mais on peut compter sur eux !
Pour ajouter une pièce au puzzle norvégien, il faut préciser que nous avons adoré ce pays. On s’y est senti à l’aise comme des poissons panés dans un rayon de surgelés. Et qui plus est, la plupart de nos hôtes ont été d’une incroyable gentillesse. Pour faire bonne mesure, voici donc quelques contre-exemples qui vous montrent que les norvégiens, quand même, y’en a des biens.

Le camping de Vennesund

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Nous avons débarqué au camping de Vennesund, pour demander au gérant des indications sur les horaires des ferries que nous allions prendre par la suite. On en a profité pour lui demander où nous pourrions poser la tente ailleurs que dans son camping, parce que 15€ l’emplacement, c’était hors budget pour nous. Il nous a alors posé des questions sur notre périple. Au fil de la discussion, nous avons eu le droit à un café, puis à des gaufres, et une fois la discussion terminée, il nous a offert la nuit de camping avec accès aux douches et à la cuisine !

La station-service de Skibotn

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Il y a quelques jours, juste avant d’entamer notre longue traversée du no-man’s land lapon, nous avons voulu faire un stop dans une station-service pour vérifier la pression des pneus. On en a profité pour aller se prendre un café. On va s’installer à une table. Un gars en bleu de travail est venu s’installer à la table d’à côté pour se faire un bol de porridge (en ce début d’après-midi). Défiant toutes nos analyses sur le côté un peu froid des norvégiens, il se montre très amical et engage la conversation en nous posant quelques questions. Le fait que nous arrivions de France, il en avait déjà lâché sa cuillère de porridge. Mais quand on lui explique le parcours complet, il tombe des nues. Nous discutons un peu le temps de terminer notre café, il nous souhaite bon courage et nous nous apprêtions à partir, lorsqu’il nous rattrape en nous tendant une énorme tablette de chocolat au lait qu’il a pris dans les rayons : « Ça vous fera du bien pour pédaler !« . Le gars était en fait le gérant de la station-service.

L’auberge de Helliskogen

Notre dernière nuit en Norvège, nous comptions la passer en camping sauvage, proche de la frontière finlandaise. Ça faisait à peu près 30km que nous roulions dans le no man’s land. Les seuls êtres vivants que nous avons rencontré depuis Skibotn étaient quelques rennes en troupeaux, et un gros quadrupède qui a traversé la route de manière nonchalante. Après discussion avec un local qui connaît bien toute la faune locale, il nous a confirmé qu’il s’agissait d’un loup. Pas fréquent, apparemment, mais pas de doute possible. Ça tombe bien, nous étions justement en train de chercher l’endroit idéal où planter la tente… On s’est dit que c’était pas plus mal de poursuivre un peu notre route avant de s’arrêter…

Il s’était mis à bien pleuvoir lorsque nous avons vu un panneau indiquant « Helligskogen camping ». C’est hors-saison, on est allé faire un tour pour voir s’il y avait quelqu’un à qui demander un bout de terrain plat.
Un gars tout sympa nous dit que ça ne pose aucun problème : on se met où on veut, il n’y a pas un chat. Il nous conseille d’attendre une petite demi-heure avant d’installer notre campement, parce que ça devrait s’arrêter bientôt.

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En attendant, il nous propose d’aller se mettre au chaud dans un bâtiment situé à 50m de là, où on pourra même utiliser les toilettes, si on veut. Le bâtiment, c’était une auberge de jeunesse tout ce qu’il y a de plus officiel. Mais la saison ne commencera qu’à la mi-juin, après la fonte des neiges et les inondations qui vont avec. On a poussé le vice jusqu’à retourner le voir pour lui demander si nous pouvions rester dans le salon de l’auberge plutôt que de monter la tente.
Au lieu de nous les cailler dans le froid, la pluie et le vent, on s’est retrouvé bien au chaud, avec une douche, et même une cuisine tout équipée pour préparer à manger !

Le marqueur de route

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On se faisait une petite séance photo à la frontière Norvège-Finlande avant de repartir vers Kilpijärvi, où se trouve le dernier magasin avant le no man’s land. Un camion nous passe, fait demi-tour, et s’arrête à côté de nous. Un homme d’une cinquantaine d’année vient nous voir pour discuter, un peu surpris de nous voir là.
Son boulot : refaire tout le marquage au sol sur les routes allant de Narvik à Skibotn, ce qui représente quelques centaines de kilomètres. Il est seul pour faire ça. Il a démarré en avril et est censé terminer en octobre. Il reprend la route côté Norvège, et nous la notre côté Finlande.

Un peu plus tard nous étions arrivés à Kilpijärvi en train de casser la croûte juste à côté du seul magasin de la minuscule bourgade. On discutait sur le fait que ça fait bizarre de retrouver des prix en euros et des tarifs tout à fait raisonnables, mais avec des produits inconnus au bataillon ! Mine de rien, depuis le temps qu’on était en Norvège, on s’était habitué aux produits locaux !

Et qui voit-on arriver dans son camion !? Notre marqueur de route !! Ça le fait marrer autant que nous de nous retrouver là. Il nous salut rapidement et entre dans le magasin. Ça doit être sa pause déjeuner. Il ressort, et nous tend un sac en disant : Pour éviter d’avoir soif, c’est important :. Et il s’en va.

Le sac contenait huit canettes de fanta et coca. Super sympa, ça partait d’un très beau geste ! Mais dans tout le contenu du magasin, le pauvre n’aurait pas pu plus mal tomber. Les cannettes, c’est super lourd à trimballer sur un vélo. Mais surtout, ni l’un ni l’autre ne pouvons avaler ces boissons gazeuses. Rien à faire, on n’aime vraiment pas ça. Donc on a fait un truc qui ne se fait pas… On est retourné au magasin pour rendre les cannettes qu’on venait de nous offrir en échange de produits plus compatible avec notre mode de déplacement et nos goûts : quelques barres de céréales et… un paquet de bastogne !

  1 Comment

  1. patrice   •  

    un loup!!! si c’est pas l’aventure ça! J’ai traversé la Norvège en voiture, magnifiques paysages, et comme vous le dites, autochtones un peu fermés 🙂
    On vous suit!

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