Une semaine au Guangxi

Nanning

Nous avons passé quelques jours dans la capitale de la région autonome du Guangxi. Nancy, américaine et prof d’anglais, nous a accueilli sur le gigantesque campus de la ville. Ça nous a laissé le temps d’obtenir notre visa pour le Vietnam et d’aller faire un show dans la classe de Nancy pour discuter avec ses élèves. Nous ne sommes pas passé inaperçu et les élèves du cours d’à côté étaient jaloux : nous avons donc fait une deuxième session !

 

Comme dans la majorité des grandes villes asiatiques, les scooters se comptent par milliers. Rien de nouveau. A Rizhao, à Wuhan comme à Nanning, ils étaient légion. Mais le détail incroyable, c’est que ce ne sont que des scooters électriques ! Nous n’avons pas croisé une seule mobylette pétaradante dans les rues chinoises. Pour nous, c’est le grand luxe : pas de bruit, pas de pollution, mais de larges voies prévues pour les deux roues. Ces petits engins ne sont pas très rapides. Bien souvent, il nous suffisait d’appuyer un peu plus pour les doubler en cas de besoin, sous le regard un peu perplexe du conducteur.

 

Un final en fanfare !

Lorsque nous avons pris la route au matin du 6 décembre 2015, il faut bien avouer que nous avions un peu l’impression d’être passé complètement à côté de la Chine. Nous n’avons fait que peu de rencontres, quasiment pas pédalé, tout ça sous un temps pourri… Quand ça veut pas, ça veut pas. La frontière Vietnamienne n’était plus qu’à 250km et il faut bien dire qu’on avait hâte d’y être. Heureusement, nos trois derniers jours en Chine allaient aider à améliorer (un peu) notre impression sur le pays.

Tout au long de la journée, nous avons croisé un groupe de huit cyclistes qui roulait plus vite que nous mais faisait aussi beaucoup plus de pauses. De fil en aiguille, on a pas mal discuté et en fin de journée, ils nous ont carrément invité au restaurant !

 

Le jour suivant, on nous a indiqué un incroyable raccourci qui nous a fait éviter la route principale pour nous plonger au cœur de la campagne du Guangxi. Une belle journée où nous avons découvert l’usine à canard de la Chine !!

 

Arrivés à FangChengGang, nous voulions trouver un petit resto, commander du riz sauté à emporter et ressortir de la ville pour planter la tente avant la tombée de la nuit. Le temps d’attendre notre commande, les jeunes qui dînaient à la table d’à côté se sont montrés curieux. On a papoté un peu et quelques minutes plus tard, ils nous invitaient à leur table et nous avons passé une bonne soirée dans cette petite échoppe.

 

Nous avons très rarement l’occasion de rouler de nuit, et encore moins en pleine ville. C’est pourtant arrivé deux soirs consécutifs, et c’était vraiment fabuleux de découvrir cet univers complètement différent une fois le soleil couché. Dans les rues, du théâtre de rue, des chants traditionnels et même une session de fitness géante sur la place principale ! Ce n’est pas bien compatible avec notre façon de voyager, mais ces deux petites expérience de vie nocturne étaient bien sympa, colorées et conviviales.
 

C’est mignon tout ça, mais si nous évitons les villes la nuit, c’est qu’une fois la soirée terminée, il nous faut encore trouver un coin où poser la tente ! Nous avions le choix entre ressortir de la ville ou partir en quête d’un hôtel pas trop cher. Nous en étions encore à hésiter sur la stratégie à adopter lorsqu’un homme dans nos âges est venu nous voir spontanément. Il s’est présenté comme un fan de vélo et nous a proposé un toit pour la nuit. Dans ces cas-là, même si on accepte l’hospitalité avec plaisir, on passe quand même un peu de temps à discuter avec la personne, histoire de tâter le terrain. La plupart du temps on tombe sur des gens bien, mais on ne sait jamais. Si l’un de nous ne le sent pas, pas d’hésitation : on va voir ailleurs. Mais celui-ci avait l’air vraiment sympa. Lui et sa famille habite tout le troisième étage d’un énorme bâtiment qui semblait être une sorte d’institut de beauté. Il nous a installé dans une des chambres. Dans la pièce d’à côté, une partie de mahjong battait son plein. Une fois installés, il nous a emmené boire un thé chez son pote, gérant d’un magasin de vélo. Ça a finit de nous assurer sur ses bonnes intentions. Il voulait juste être gentil, comme la grande majorité des gens que nous rencontrons.

 

Au petit matin, après avoir emmené son fils à l’école, il nous a offert un méga petit-déj’ à la chinoise pour faire le plein d’énergie avant de nous lancer dans notre dernière étape avant d’arriver au Vietnam.



Habituellement, au passage de frontière, chacun attend sagement son tour. Pas ici. Après s’être placé dans la file « verte » (rien à déclarer), nous avons commencé à faire la queue comme il se doit. Une première personne nous a doublé dans la file, sans vergogne. Puis une deuxième : on lui a fait remarqué son erreur, mais elle nous a copieusement ignorés. A la troisième tentative, ça m’a gonflé. J’ai placé mon vélo en travers de la file de manière à ce que tout le monde voit bien que c’était une barrière infranchissable. Même sans parler la langue, le message était clair : je fais deux têtes de plus qu’eux et j’ai du poil partout : autant dire qu’ils n’ont plus moufté.

Une demi-heure plus tard, nous étions au Vietnam !

  2 Commentaires

  1. Romain   •  

    Merci pour la remarque. Pour info, il semblerait que ça s’écrive moufté, et non moufeté ! 🙂
    En tout cas, c’est corrigé !

  2. Gaelle, Jérôme & Cie   •  

    Etonnante Chine : des routes nickel mais des toilettes immondes, des villes polluées mais on roule en bécane électrique, des gens odieux ou super sympas… En tous cas, c’est noté : si j’y vais, je me laisse pousser la barbe (pour les deux têtes de plus, ce sera plus dur…) (et c’est « moufeté », pas « mouveté », mais j’ai rien dit hein, on reste copain, Monsieur le Wookie… 🙂

    Bises à tous les deux
    Jérôme

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