Une particularité finlandaise

Un pays de timides et d’introvertis ?

Les finlandais se considèrent comme des gens très introvertis, qui rechigneraient à aller vers les autres. Nous l’avons entendu chez plusieurs de nos hôtes et même lu à plusieurs reprise dans des articles parlant de la Finlande. C’est pourtant tout le contraire de ce que nous avons pu constater. Nous ne retiendrons peut-être pas notre traversée au cœur de la Finlande pour ses paysages délirants, mais après quatre mois de voyage dans différents pays, nous pouvons affirmer que les finlandais détiennent (de très loin) la palme de l’hospitalité. A ce niveau là, ils n’ont clairement rien à envier à leurs voisins européens !

 

Toc-Toc

Alors que nous longions encore la frontière finno-suédoise, ça faisait déjà longtemps que nous n’avions pas tenté notre chance chez l’habitant. Il faut dire que nos dernières expériences norvégiennes nous avaient un peu refroidi, et nous nous étions plus ou moins fait à l’idée que c’était une perte de temps. Mais cette fois, pas moyen de trouver un endroit propice où planter la tente En plus, il s’était mis à pleuvoir depuis déjà un bon moment. Toutes les conditions étaient remplies pour nous inciter à toquer à une porte, au hasard. Première tentative, personne. Deuxième essai : Carl nous a ouvert. Ses premiers mots ont été :
— Bonsoir, entrez !! Vous avez besoin d’une bonne douche ? Le sauna est encore chaud si vous voulez !
— Que… Bon, si vous insistez… D’accord !!!
Incroyable. Il nous avait vu arriver par sa fenêtre, tout trempés et avec nos vélos chargés. Il nous proposé de dormir dans sa vieille « Haita », un endroit vieux de quelques siècles, qui servait pour stocker les céréales, et qui a été réaménagé en « cottage ».

 


 

Bon, d’accord, techniquement parlant, nous étions encore en Suède. Mais Carl est d’origine finlandaise, nous avons expérimenté notre premier sauna finlandais, et la Finlande n’était qu’à quelques dizaines de mètres à la nage, de l’autre côté du Torne ! Pour nous, c’est une preuve de l’hospitalité finlandaise, même si nos amis suédois pourraient bien ne pas être d’accord avec ça ! En parlant du Torne : une petite anecdote concernant cette frontière naturelle entre la Suède et la Finlande. Il y a très peu de points de passages entre les deux pays : quelques ponts sur plus de 500km de frontière. Mais voilà, l’hiver venu, le fleuve gèle et il devient possible de passer d’un pays à l’autre, même en voiture. Depuis que ces deux pays ont intégrés l’espace Schengen en mars 2001, ça ne pose plus de soucis. Mais Carl nous racontait qu’avant, les habitants suédois profitait des tarifs avantageux du pays d’à côté pour aller y faire leurs courses et leurs pleins d’essence. Il y avait également quelques dérives, des cas de personnes assez dingues pour tenter la traversée avec un semi-remorque rempli d’essence… au risque que la glace ne soit pas suffisamment solide !

 

La mer baltique

Deux jours plus tard, nous allions rejoindre la route de la côte de la mer baltique. Joie et bonheur que de rouler les cheveux au vent, l’air marin plein les narines, survolés par des mouettes toute prêtes à nous chier dessus ! Même pas en rêve. En fait, on ne voit pas du tout la côte depuis la route. Nous avons bien failli contourner le golfe de Botnie sans voir une seule fois la couleur de la mer ! Nous étions proche de Kuivaniemi, et il était temps de chercher un endroit où planter la tente. Toujours pas de côte en vue, mais pourtant sur la carte, on voyait bien que la mer n’était pas loin !! Nous étions bien décidés à nous en rapprocher le plus possible. Mais pas moyen de la voir correctement sans entrer dans une propriété privée. Tant pis, non seulement on y est allés, mais on a même été jusqu’à toquer à la porte pour demander si nous pouvions planter la tente dans son jardin. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on peut camper face à la mer baltique !! Qu’est-ce qu’on risquait à part se faire envoyer balader ?

Une femme d’une cinquantaine d’année nous a ouvert. Elle ne parlait pas un mot d’anglais, mais apparemment, nous sommes parvenu à nous faire comprendre. Non seulement ça ne posait aucun de problème de poser la tente, mais elle nous a même proposé bien mieux : au fond du jardin, ils avaient un petit chalet en bois qui donne sur la mer, incluant un sauna et une pièce où prendre le thé entre deux coup de chaud. De quoi roupiller bien au sec. Elle est même venu nous allumer un petit feu de bois pour que nous puissions profiter du sauna !

 


 

Un petit café ?

Début juin, sur la route entre Oulu et Rantsila, nous en avions un peu marre de la grande route nationale : nous avons pris les chemins de traverses, aux alentours de Limika. Nous nous sommes arrêtés près d’une ferme pour prendre quelques photos, lorsque nous avons vu une petite baraque rigolote, toute rondelette. On se faufilait à travers les fourrés pour tenter de mieux voir lorsqu’une vieille femme est venue nous voir. Elle avait l’air toute sympathique, et avec l’envie de discuter. Mais elle ne parlait pas un mot d’anglais. Avec les quelques mots de finnois que nous connaissions, nous avons passé quelques minutes à mimer et dessiner pour tenter de lui expliquer les grandes lignes de notre voyage au long court. Nous nous apprêtions à repartir lorsqu’elle nous a prononcer le mot magique : « kahvi ». Elle nous invitait à prendre un café chez elle. Un moment inoubliable !

 


 

Pas de camping en Finlande !

Pourtant, c’est autorisé dans tout le pays ! Lors de notre étape à Lagny le 6 mars dernier, Hélène & Philippe nous avait mis en contact avec leur fille, tombée amoureuse de la Finlande. Au téléphone, elle nous avait prévenu : là-bas, l’hospitalité est un art de vivre, et le couchsurfing fonctionne très bien. Ça s’est bien confirmé sur le terrain. Mis à part à Kuivaniemi où ça s’est terminé à l’impro dans un sauna face à la baltique, un hébergement au chaud nous attendait pour chaque étape ! Un gros contraste avec la Norvège, où nous devions faire parfois jusqu’à une vingtaine de demandes d’hébergement (couchsurfing) dans chaque ville, pour espérer avoir deux ou trois réponses, bien souvent négatives. Au contraire par ici, mieux vaut éviter de faire plusieurs demandes, au risque de devoir passer du temps à les annuler par la suite !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *