To Bank or not to bank ?

Millionnaires !

Lorsque nous arrivons dans un nouveau pays, notre premier geste est de récupérer de la monnaie locale. Ça nécessite une petite gymnastique de conversion dans un premier temps, parce que les taux sont complètement différents d’un pays à l’autre. Pour un euro, nous nous sommes retrouvés avec 8,3 couronnes norvégiennes, 70 roubles russes, 133 yens japonnais, 6,7 yuan chinois, 1230 won coréens… On tente de retenir rapidement le prix des produits les plus courants, ça évite de sortir la calculette dès qu’on doit s’acheter un bol de riz.

Pour la petite histoire, au Vietnam, nous sommes devenus millionnaires dès notre premier retrait d’argent ! Un euro équivaut à environ 24 000 đồng. Un autre détail moins marrant, c’est que pour la première fois du voyage, nous avons dû payer au passage une commission de 50 000 đồng, prélevée par la banque locale sans avertissement. On ne peut décidément pas piffrer ces établissements bancaires qui facturent des frais pour un oui pour un non alors qu’ils génèrent des profits démesurés. en tout cas, c’est une bonne introduction pour cet article consacré à la façon dont nous gérerons notre argent pendant le voyage.

 

Objectif : limiter les frais au maximum

Le moyen le plus simple pour obtenir de l’argent local, c’est le bon vieux retrait dans un distributeur.

Efficace, fiable, sans bavure.

Pourquoi ne pas passer par des bureaux de change ? D’une part, on n’en trouve pas partout. Et surtout, c’est le meilleur moyen de se faire enfler. Les agents se prennent une commission au passage, et il est même possible de se faire refourguer des faux billets. C’est malheureux, mais les touristes attirent les arnaqueurs en tout genre.

De toute façon, changer de la monnaie suppose d’avoir une monnaie d’échange sur soi, et croyez-le ou non, nous ne voyageons pas avec des liasses d’euros ou de dollars dans nos sacoches.

 
Liasses
 

Lors de la préparation d’un voyage de plusieurs mois qui traverse différentes régions du globe, la question des frais bancaires se pose forcément. La règle n°1, c’est de ne pas se contenter d’une seule carte bancaire. En avoir une de secours en cas de dysfonctionnement, perte ou même vol, c’est toujours une bonne idée pour être certain de ne pas se retrouver dans une situation compliquée à l’autre bout du monde. Et quitte à avoir deux cartes, autant qu’elles soient des deux opérateurs les plus répandus : visa et mastercard. Ce n’est pas flagrant en France, car les deux sont indifféremment acceptés. Mais ce n’est pas le cas partout. En Chine par exemple, nous n’avons pas pu effectuer un seul paiement avec notre mastercard.

 

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Pour avoir une carte bancaire, rien de bien nouveau, il faut passer par une banque. Nous faisons parti des idéalistes, peut-être un peu naïfs, qui pensent que le monde de la banque est globalement pourri par la finance et la spéculation, mais qu’il est encore possible de faire « autrement ». Quitte à déposer nos économies dans un établissement bancaire, nous voulions qu’il soit le plus proche possible de nos valeurs, tout en nous facturant un minimum de frais de tenu de compte et le moins possible de frais d’opération (retraits, paiements, virements). Pour couronner le tout, cette perle rare devra nous permettre de gérer nos comptes à distance sans frais supplémentaires.

Depuis juillet 2002, tous les retraits ou achats effectués dans la zone EEE avec une carte française entraine les mêmes frais qu’en France. Là où ça se gâte, c’est lorsqu’on quitte cette zone. Selon les banques, ça peut aller jusqu’à coûter un bras à chaque opération. Inutile de préciser que nous fuyons toutes ces banques qui facturent d’obscures « packs » tout inclus.

 

La carte Visa

Après une petite étude de marché, nous avons finalement conservé notre compte à la NEF. Ça correspond exactement à ce que nous attendons d’une banque : transparence & éthique. Bon, pour être tout à fait précis, il ne s’agit pas d’une banque à proprement parler. C’est en passe de changer courant 2016, mais pour l’instant, pour avoir un compte NEF, il faut passer par le Crédit Coopératif qui s’occupe de la tenue des comptes. Mais ça a beau être une filiale du groupe Banques Populaires, ça reste l’une des banques les plus « propres ».

L’honneur est sauf !

A la « NEF-Crédit-Coopératif », les frais fixes nous coûtent 57,50€ par an. Il n’y a pas aucun frais de retrait ou de paiement dans la zone EEE. Cette carte Visa nous a bien servie pendant nos quatre premiers mois de voyage ! En revanche, à partir de la Russie, c’est devenu notre joker, car les tarifs ne sont plus du tout compétitifs une fois sortis de l’Europe.

 
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La carte Mastercard

Pour la mastercard, nous n’avons pas fait appel à une autre banque, mais opté pour un compte nickel. Sur leur site, ils insistent sur la transparence, la simplicité, et l’indépendance par rapport au système bancaire. Ça ne coûte que 20€ par an en frais fixes. Et tenez vous bien, partout dans le monde, chaque retrait ne nous coûte qu’un euro, et nous n’avons aucun frais sur les paiements par carte. Le site internet de gestion du compte est bien conçu, avec la possibilité de modifier simplement les plafonds de retraits et de paiement. Bref, avant de partir, ça nous semblait être la solution idéale du voyageur à petit budget. Et jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de mauvaise surprise !

 
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Acrobatie monétaire

Si on fait le bilan sur deux ans, avec nos deux cartes en poche, ça fait 154€ de frais fixes et aucun frais de paiements. Notre technique de sioux pour réduire les frais de retraits consiste à retirer une somme raisonnable dès que nous sommes confrontés à une nouvelle monnaie. Nous complétons ensuite dès que c’est possible avec des paiements par carte.

Là où ça devient un peu acrobatique, c’est lorsque nous approchons de la frontière suivante… Il faut bien évaluer le montant du dernier retrait, pour d’éviter d’être sur la paille avant de quitter le pays, ou à l’inverse, se retrouver avec un paquet de billets qui n’auront aucune utilité dans le pays suivant.

Notre fonctionnement bien rôdé a parfois des petits ratés. En Corée par exemple, nous nous sommes engagés dans notre traversée du pays sans avoir retiré au préalable, pensant pouvoir le faire plus tard sur la route. Grosse erreur ! Nous n’avons pas trouvé un seul distributeur acceptant notre carte avant Séoul, à l’autre bout du pays ! On s’en est bien sorti, car le paiement par carte est accepté absolument partout dans le pays. Mais l’aventure la plus croustillante, c’était au Vietnam, pile le jour de Noël. Nous allons vous raconter ça dans les prochains articles. A part ces petits couacs, on se débrouille pas trop mal pour le moment.

 

Après 10 mois de voyage, nos frais de retraits ne dépassent pas les 20€ !

  7 Commentaires

  1. Monika Duda   •  

    Chère Emilie et Romain,

    Bonne année, bonne santé!
    C`est vraiment génial comment vous vous débrouillez en ce qui concerne votre argent!Chapeau!
    Vous devriez publier un livre dès que vous êtes rentrés à la maison. C`est tellement intéressant de suivre votre chemin et de lire ce que vous avez remarqué!
    Bonne continuation. Mespensées sont avec vous!

    Je vous embrasse bien fort!

  2. Marie   •  

    Parce qu’ils retirent une bonne somme dès qu’ils rentrent dans le pays. C’est bien ça?
    Je vous embrasse bien fort en cette nouvelle année.
    Carte du Vietnam bien reçue.

    • Romain   •  

      Exactement. On retire une grosse somme en arrivant plutôt que de multiplier les retraits. Le risque de vol n’est pas neutre, mais en appliquant quelques règles élémentaires de prudence, pour le moment, nous n’avons pas croisé le moindre individu suspect !

  3. Cyril   •  

    Seulement 20 € de frais de retrait … ça veut dire seulement 20 retrait hors UE ; vous êtes de sacrées fourmies 😉
    Incroyable !!!

    • Romain   •  

      Pour être précis, nous n’avons fait que 16 retraits hors zone Euro, donc sur une période de 6 mois. Mais nous n’avions pas prévu de payer en cash le ferry vers le Japon… Notre plafond de retrait n’était pas suffisant, et pour le relever, ça demande un ou deux jours… Bref, mauvais timing. Il a fallu faire un « achat de monnaie » dans un bureau de change avec notre autre carte (visa), ce qui ne nous a coûté que 3,4€ au final. On a largement limité la casse !

  4. Rodrigue   •  

    interessant tout ça!

  5. sophie   •  

    Trop forts vous êtes………..
    La force est avec vous!
    Take care and see you!
    Love Mum

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