Rencontre avec une lada

Kazakhstan !!

17 juin 2016. Bientôt 16 mois de voyage. Ces dernières semaines, nous sommes passés du froid polaire des plateaux tibétains aux températures délirantes du désert et pour la première fois du voyage, nous avions un petit coup de moins bien. Nous attendions avec impatience le passage de la Chine au Kazakhstan en espérant que ça nous redonne un petit coup de fouet ! Un changement de pays, c’est toujours quelque chose. C’est pourtant juste une ligne sur une carte, mais parfois, nous avons presque l’impression de changer de planète.

Ce passage de frontière a été d’autant plus remarquable qu’on nous avait raconté quelques anecdotes pas très engageantes sur les douaniers kazakhs. A notre arrivée au premier contrôle, malgré un visage fermé et strict, l’homme en uniforme m’a salué en me serrant la paluche. De mémoire, c’est la première fois que je touchais un douanier ! Il me demande dans la foulée s’il peut essayer mon vélo. Le gars ne faisait pas plus d’1,60m et il aurait été plus à l’aise sur celui d’Emilie. Mais non. Par fierté, politesse ou peut-être différence culturelle, il ne s’adresse qu’à l’homme. Emilie n’aura pas le droit à un regard, ni une parole. Tout juste une main tendue pour le contrôle du passeport. Je lui ai prêté ma monture et il a slalomé quelques mètres sur un vélo ridiculement trop grand pour lui. Ça nous a bien fait marré. Intérieurement, parce que tout amical qu’il était, pas sûr qu’il aurait apprécié la moquerie…

Bref, après avoir montré notre passeport une dizaine de fois à différentes personnes et s’être fait reniflé les sacoches par un clébard, nous étions en terre Kazakh !

 

 

Un petit bout de Russie

Le Kazakhstan, ce n’est pas la Russie. Les kazakhs sont plutôt pointilleux sur le sujet. Bien. Mais quand même, ils parlent tous le russe, ils utilisent l’alphabet cyrillique, et dans les magasins, nous n’étions pas du tout dépaysé. Nous avions l’impression d’être revenus 10 mois en arrière en retrouvant les produits que nous adorions en Russie : les pelmenis, le dvorog, le kefir, le pain, la confiture maison… Un bonheur !

Après plusieurs mois passés dans des contrées où tout est écrit dans des caractères étranges, nous retrouvions le confort de pouvoir lire les panneaux dans les rues ou les menus dans les restaurants. Nos rudiments de russes sont revenus au galop ! C’est tout bête, mais même si nous n’avions jamais mis les pieds dans cette partie du monde, nous avions l’impression de revenir dans un endroit familier.

 


 

Nous avions que 360km à rouler pour rejoindre Almaty et commencer le cirque des demandes de visa pour l’Asie Centrale. Notre coup de moins bien du 15ème mois est resté à la frontière : avec le changement de pays et à l’approche du 16ème mois, le moral était de retour ! Pourtant, les conditions climatiques n’étaient pas au mieux : un vent de face à rendre dingue, de la pluie, parfois de la boue… Mais malgré tout, on était content d’être-là. Étrange, comme l’état d’esprit et la motivation peuvent changer radicalement la donne !

 

 

L’hospitalité kazakh

Après une première nuit sous la tente, nous avons repris la route avec l’intention de bien avancer. A mi-journée, après une cinquantaine de kilomètre seulement, nous arrivions à la croisée des chemins. Nous pouvions tourner à droite en direction de Shelek, par une route plus courte, plus plate mais à l’état tout à fait incertain. L’autre option était de poursuivre sur la voie principale, certainement plus goudronnée.

Au carrefour, une vieille lada et ses deux occupants attendaient là. Un père et son fils, surpris de nous voir débarquer de nulle part à vélo. Un échange de quelques mots pour leur demander l’état de la route, et ni vu ni connu, ils nous invitaient chez eux, à trois kilomètres de là. Le choix de la route s’est fait tout seul : ce sera le raccourci !

Nous avons suivi la lada et quelques minutes plus tard on se retrouvait devant une sorte de baraquement un peu bancal, situé à côté de ses champs d’abricotiers. Il s’agissait d’un abris qu’il utilise à l’occasion, à l’époque de la récolte ou quand il veut être pénard, et il nous proposait d’y rester pour la nuit.

Nous n’aurons pas fait le kilométrage espéré pour notre course au visa, mais c’est aussi pour ce genre de surprise qu’on voyage. Tant pis, c’est avec plaisir que nous avons accepté l’invitation. Nous avons passé un excellent moment avec son fils, ses potes, et lui. Ils ne parlaient pas un mot d’anglais, pourtant nous avons passé la soirée à discuter de tout et de rien avec les moyens du bord. Il nous a concocté un ragoût maison avec notre reste de saucisson et des pâtes. Au coucher du soleil, il a tenu à nous emmener faire un tour dans son bolide pour admirer le « canyon » local.

 


 

La vieille guimbarde donnait ce qu’elle pouvait, avec son moteur hors d’âge et ses amortisseurs inexistants. Pour démarrer, c’est à l’ancienne : en trifouillant les fils électriques sous le tableau de bord. La frontière entre la « piste » et le « hors piste » était plutôt floue. Nous étions tellement à ras du sol que ça donnait une impression de rouler à fond les ballons dans ces plaines désertiques. Une ambiance à la « Mad Max » pour une expérience… unique !

 

  3 Commentaires

  1. Jérôme, Gaelle & Co   •  

    Hello !
    Bonne reprise ! Sympa le tout en Lada. Bon, le canyon… hum. En tous cas, ils ont le temps, vous l’avez… ca donne de belles rencontre.
    Toujours un soucis sur les photos, la plupart ne s’agrandissent pas.
    Nous avons joué à Dragon River et à Love Letter. Très bien, les 2 ! Encore merci !
    Bises !

  2. Romain   •  

    Ça devrait être réparé !
    Maintenant, tu peux voir le ragoût en plein écran !!

    Pour l’anecdote, le plat qu’il nous a concocté aurait été très bon s’il n’avait pas fait tombé la salière dedans. Nous étions tellement affamés que nous avons tout avalé. Lui en revanche n’a pas touché à son assiette et s’est excusé de ses piètres talents de cuistots… !

  3. Sophie   •  

    Je n’arrive pas à agrandir vos photos mais elles ont l’air chouette!
    Le ragoût je ne suis pas certaine d’être totalement adepte….
    La Lada, grand moment!
    love mum

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