Prendre le train en marche

Le calme avant la tempête

Le réveil a sonné à 3h00 du matin. Autant dire que ça piquait un peu !!

Les quelques kilomètres qui nous séparaient de la gare nous ont permis de circuler dans la ville au petit matin. C’est une expérience assez particulière ! Le silence quasi parfait, la lumière du lever du jour, les rues désertes, des feux tricolores qui ne servent à rien…

Une atmosphère de fin du monde assez étrange, mais plutôt agréable !

 
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Repérage

Nous sommes arrivés sur place avec un peu d’avance pour partir en repérage. La gare de Vologda n’est pas bien grande, avec seulement quatre quais. Le premier est accessible facilement, mais pour accéder aux trois autres, il faut passer par deux escaliers. Mais même dans le pire des cas, le quai devait être annoncé à 4h12, soit 30mn avant l’arrivée du train en gare. De quoi nous laisser le temps d’y aller pénard, et d’attendre le train, qui ne repartira qu’à 5h07.

C’est l’intérêt de prendre le train dans une grande ville. Dans les petites bourgades, il ne s’arrête que 5 minutes max, pas suffisamment pour nous permettre d’embarquer. Là, ça nous laissera 25 longues minutes de mou. Et dans ce laps de temps, nous aurons de quoi nous occuper. Une fois posés devant le wagon n°8, nous devrons démonter les selles, les deux roues avant, et les deux béquilles avants, ce qui leur permettra de tenir debout tout seuls. Rien de bien méchant sur le papier. Ensuite, il faudra les emballer à peu près proprement et les faire monter dans le wagon. Une fois l’étape vélo terminée, il nous restera à trimballer nos onze sacoches jusqu’au wagon n°15 où nous passerons le reste du voyage.

Système D

Au fait, on ne vous a pas encore présenté notre solution miracle pour emballer les vélos ! Nous aurons recours au bon vieux système D. La veille, pour moins de 6€, nous avons acheté une dizaine de sacs poubelles XXL (240L) et deux rouleaux de chatterton. Comparé aux véritables sacs à vélo qui coûtent la bagatelle d’une cinquantaine d’euros pièce…

A ce stade, nous n’avions pas idée si notre emballage de fortune allait passer, ni même si 20 minutes seraient suffisantes pour tout faire. Nous n’avons pas pris la peine de nous entrainer à démonter et emballer les vélos les jours précédents… Mais nous étions pourtant plutôt confiants sur notre capacité à boucler l’affaire dans les temps.

Et en attendant l’annonce du quai, nous ne pouvions rien faire d’autre que d’attendre patiemment…

 

TIC, TAC, TIC, TAC…

4h12

Le quai devrait être annoncé d’un instant à l’autre. Nous étions encore complètement endormis, l’occasion de siroter un petit café pour tenter de nous réveiller un peu en prévision de la suite.

 
4h20

Toujours rien. Bon, on n’est pas à la minute, mais on se tient prêt.

 
4h35

A quelques minutes de l’arrivée du train, L’étape « rejoindre tranquillement le quai » semblait de plus en plus compromise. La pression commençait à monter.

« Mais pourquoi ils ne le mettent pas à jour, ce tableau d’affichage ? »

Heureusement, notre mini-repérage nous a permis de savoir comment accéder aux quatre quais. Nous restions relativement sereins, mais dans les starting blocks.

 
4h42

Le train arrivait tout juste en gare lorsque le tableau d’affichage s’est finalement décidé à annoncer le quai.

 

071 | SAINT PETERSB-EKATERINBURG | 0442 | 0507 | 5

 

RUSH Hour

DE QUOI ? MAIS IL EST CACHE OU, CE QUAI N°5 ?

Dans ces cas-là, normalement il suffit de suivre le troupeau de passagers qui se mettent en mouvement à l’annonce du quai. C’est ce qu’on a commencé à faire… mais avec nos mules chargées à bloc, il fallait faire du slalom dans les couloirs entre les poteaux et les gens qui allaient en sens contraire… Nous nous sommes rapidement fait distancer. Nos quelques heures de sommeils ne nous aident pas à y voir clair… Panique à bord. Finalement, à force de chercher, nous avons aperçu un panneau avec un minuscule 5 écrit dessus.

 
GO, GO, GO !!!

La petite aiguille de notre niveau d’adrénaline était déjà dans le orange foncé lorsque nous arrivons à notre premier obstacle : un escalier avec une flopée de marche à descendre. Il faut s’y mettre à deux par vélo. Ça prend un temps fou. On en profite pour insulter les architectes qui n’ont pas pensé aux handicapés ou aux cyclo-voyageurs.

Nous traversons toute la gare par les souterrains, pour arriver au deuxième obstacle. Nous sommes descendus, il faut bien remonter : un autre escalier nous attendait.

Nous sommes arrivés trempés de sueur sur le quai, au niveau de la voiture n°1. Le train était déjà là depuis un moment. On a foncé en pilote automatique jusqu’à la voiture n°8. C’était parti pour une session démontage express.

On se démenait comme des beaux diables pour emballer tout ça à l’arrache, avec la fatigue, l’énervement, les mains qui tremblent… et le compte à rebours défilait à une vitesse folle !

 
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Nous avions beau faire notre maximum, nous étions vraiment trop short. Nous avons terminé l’emballage à l’arrache, sans même prendre la peine de démonter quoique ce soit sur le vélo d’Emilie .

Epilogue

Une chose est certaine, nous avons bien fait marrer les contrôleurs qui nous contemplaient patiemment sur le bord du quai, et c’est peut-être bien ce qui nous a sauvé. Encore tout essoufflés, nous leur avons présenté nos billets, et ils nous ont laissé embarquer nos deux paquets difformes sans rechigner, l’un après l’autre. Pas simple de circuler dans le couloir étroit du wagon avec un gros vélo porté à bout de bras, avec les autres passagers déjà installés qui te barrent le passage. Le compartiment bagage est en fait un simple compartiment 2nde classe qui a été condamné pour y empiler des cartons et autres paquets volumineux. Les vélos passaient au millimètre !

Charger les deux vélos a pris un certain temps, mais pas le temps de souffler ! Il nous fallait encore ressortir pour rejoindre la voiture n°15 avec toutes nos sacoches et un sac de provisions pour le voyage… Quelque chose comme 30kg à 35kg chacun à trimballer. En nage, sur les rotules, mais soulagés, nous avons pu monter dans notre wagon in-extremis, trouver nos couchettes et nous y affaler pour quelques heures…

 
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A l’arrivée, Serghei et son beau-père nous attendait à la gare.

Finalement, ce n’était pas si compliqué… !
 
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  2 Commentaires

  1. Pingback: Karoutcho – En voiture, s’il vous plaît !

  2. Albane et Michaël   •  

    M’a fait bien marrer cet article! Bisous

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