Passage de frontière

Halte, frontière !

La première étape pour entrer en Russie, c’était le visa, supposé très compliqué à obtenir. Finalement, ça s’est fait très simplement et rapidement. Il était même arrivé chez Matti avant nous. Il ne nous restait plus que le plus important : passer la frontière. Est-ce que notre « fausse invitation » va être suffisante ? Le visa « relation culturelle » est-il adapté à la situation ? La différence entre ma tête intégralement dépoilée et la photo du visa où je bas mon record de pilosité va-t-il poser problème ? Selon Matti, le seul risque, c’est d’y passer des heures. Selon l’humeur du jour, ils pourraient bien nous demander de déballer nos sacoches une à une pour inspection.

 

Côté finlandais

Matti a été jusqu’au bout au petit soin pour nous : il nous a accompagné de bon matin jusqu’à la frontière en nous faisant passer par des raccourcis de son cru. Nous en étions à déconner tous les trois dans une file d’attente quasiment vide lorsque notre tour est venu. Ça devait être une formalité, mais le douanier finlandais nous a vite calmé en nous demandant pourquoi nous ne nous étions pas arrêtés au feu rouge, en nous faisant les gros yeux. Les raccourcis de Matti étaient tellement courts que nous sommes passés à côté d’un feu tricolore où nous aurions dû attendre son feu vert… Nous étions comme des gamins pris en flagrant délit de vol de bonbon. Sans décrocher un sourire, il nous a finalement rendu les passeports. Cette fois, ça y est, nous sommes dans la zone neutre !

 


 

Côté russe

Matti nous avait conseillé d’arriver avant 8h00 pour éviter le changement d’équipe. Mais malgré toute l’expérience acquise ces derniers mois dans le paquetage matinal, nous avons prévu un peu court… A quelques minutes près, nous sommes arrivés à la bourre, si bien que nous avons attendu trois quart d’heure le temps que la nouvelle équipe se mette en place. Au moins, ils seront frais et dispo !

C’est un minuscule poste frontière, mais il y a du passage. La douanière au guichet chargée d’inspecter nos passeports ne parlait pas un mot d’anglais et ne comptait apparemment pas faire d’effort pour nous guider dans les démarches. Les trois autres ne nous ont pas décroché un mot. Je ne sais pas d’où vient l’expression « aimable comme une porte de prison », mais c’était plutôt bien adapté à la situation. Nous contre-attaquions avec de grands sourires, des « zdrazvoutié » et des « spasiba », tout content de bientôt être de l’autre côté. Nous avons rempli la paperasse habituelle indiquant que nous n’étions pas des terroristes, que nous n’avions pas d’armes de destruction massive cachée dans nos sacoches, et que nous n’avions jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation sur le territoire russe (étant donné que nous n’y avons jamais mis les pieds).

Dernière étape, la fouille. Le douanier en chef était le seul qui avait un semblant de sourire aux lèvres (en cherchant bien). Il était même plutôt avenant, avec quelques mots d’anglais à son actif. Sur chaque vélo, il nous a demandé d’ouvrir deux sacoches qu’il a choisit au hasard, mais ça semblait être plus pour la forme. Il a jeté un très rapide coup d’œil au contenu et nous a souhaité bon voyage.

Une formalité. En à peine un quart d’heure, nous étions de l’autre côté. il ne nous restait plus qu’à traverser d’ouest en est le plus grand pays du monde.

 
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