Pas tout à fait seuls

Barilla !

Le long de la route M41 du Pamir, le nombre d’habitants au kilomètre carré a beau être ridicule, ça n’empêche pas les rencontres improbables. Au milieu d’une ascension, nous n’avions pas croisé âme qui vive depuis des heures lorsqu’une Ford Mondeo break est sortie de nulle part et s’est arrêtée à notre niveau. La vitre s’est baissée.

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« You want an Ice Tea break ? »

Pour remettre dans le contexte, il faut préciser que mine de rien, les températures peuvent grimper au-dessus de 25°C malgré l’altitude. Quand il s’agit de grimper un col dans ces conditions, il arrive qu’on se prenne une bonne suée.

C’était tellement incongru qu’on s’est demandé si nous avions bien compris. Une boisson fraîche et sucrée, c’était pile ce dont nous avions besoin ! Dans le doute, on a accepté !! L’homme est sorti de sa voiture et a ouvert son coffre, rempli à ras bord de provisions. Quelques secondes plus tard, nous étions en train de bavarder, une cannette bien fraîche à la main.

Il avait prévu trop de stock pour son voyage et nous a proposé deux paquets de pâtes Barilla avec la petite sauce pesto qui va bien. Nous ne savions pas comment nous allions cuire tout ça. Notre réchaud à bois n’est pas très utile au dessus de 4000m : il n’y a pas un arbre à l’horizon. Et même s’il y en avait, allumer un feu avec si peu d’oxygène dans l’air requiert des compétences que nous n’avons pas… Mais dans le coin, la nourriture n’est pas particulièrement diversifiée, alors nous avons accepté le cadeau avec plaisir avant de poursuivre notre route jusqu’à Murghab.

 

L’état de la M41

Là-haut dans la montagne, il faut compter entre 100 et 150km entre les différents points de ravitaillement. Heureusement, les routes sont de bien meilleure qualité que nous le pensions. Nous avons eu tellement d’informations contradictoires à ce sujet que je n’ai pas pu m’empêcher de faire mes propres statistiques. Sur les 340km qui séparent Sary-Tash et Alichur, il y a un peu plus de 300km de bonheur (asphalte bien lisse ou piste de bonne qualité). Les kilomètres restants, c’est une autre paire de manche. Du bitume défoncé, des nids de poules, des graviers, ou même pire… La portion de 13km de tôle ondulée est tellement pénible que ça donne l’impression de durer une éternité. On est secoués comme des pruniers, on n’avance à rien…

Dans ces cas là, nos nerfs sont mis à rude épreuve. Dans la team Karoutcho, nous avons deux approches tout à fait différentes pour gérer ces moments compliqués. Au « je souffre en silence et j’attends que ça passe » s’oppose la technique plus expressive du « ça me gave, je râle et le premier que ça dérange, je le butte ». La combinaison des deux est parfois assez… intéressante ! On vous laisse deviner comment les rôles se répartissent. Quoiqu’il en soit, pas le choix, dans ces cas là, il faut prendre son mal en patience.

 

Tea Time

Circuler dans cette région nécessite l’acquisition d’un permis spécial qui coûte 20$. Les militaires du poste de contrôle situé juste après Murghab avaient l’air de s’ennuyer ferme. Après avoir vérifié que nous étions en règle, ils nous ont gentiment invité à boire un thé. En Asie Centrale, « prendre le thé » signifie bien souvent se retrouver devant une table couverte de nourriture en tout genre : bonbons, pain, saucisson, viande, œufs, gâteaux… Si bien qu’au moment de repartir, le soleil était couché ete nous avons campé sur place !

Le jour suivant, nous avons été rattrapé par Matthias, cyclo-touriste allemand. Il a travaillé plusieurs années en Chine, avant de décider de revenir aux bercailles, en vélo. Plutôt du genre loup solitaire et discret, nous avons tout de suite bien accroché et poursuivi la route à trois. Même si nous étions beaucoup moins rapide que lui, il nous a assuré que notre rythme lui convenait parfaitement. Au col de Nayzatosh, nous avons croisé un groupe de touristes japonnais. Ils étaient déjà surpris qu’on les salut par un « Kon’nichiwa » qui va bien, mais quand nous leur avons dit qu’on était passé par chez eux à vélo… ils étaient littéralement sur le cul !

Dans la soirée, nous avons trouvé un magnifique spot de camping. Et comme les choses sont bien faites, nous avons pu profiter du réchaud à gaz de Matthias pour partager une bonne plâtrée de véritables pâtes italiennes !!

 

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