Parler, lire, compter…

Parler anglais

Jusqu’ici, nous étions habitué à pouvoir communiquer plutôt facilement à peu près partout. Les pays nordiques ont la réputation d’être quasiment intégralement anglophone. Ce n’est pas totalement vrai. Même si une bonne partie de la population maîtrise effectivement l’anglais, dans certaines bourgades reculées, il nous était parfois difficile de nous faire comprendre. A l’inverse, les français ont la réputation de ne pas savoir parler anglais. Du coup, lorsque nous rencontrons de nouvelles personnes, la plupart du temps, ils nous prennent pour… des américains. Ne me demandez pas pourquoi, ça nous surprend nous aussi. C’est plutôt flatteur pour notre niveau d’anglais, mais bon, américain ? D’un autre côté, eux aussi sont souvent très surpris en apprenant que nous sommes français.

Oh, french !?!?
But where did you learn to speak so good english ?
I thought that french people couldn’t speak any other langage !

Cliché, mais pas complètement faux. On ne sait pas leur expliquer pourquoi, en sortant de l’école, les jeunes français ne savent pas parler anglais alors que la plupart de leurs voisins européens du même âge sont déjà quasiment bilingues. On leur raconte qu’il y a encore pas si longtemps, en France, il n’était pas simple de regarder des films ou des séries en version originale. Et là, nos nordiques tombent à la renverse, tellement le principe même du doublage dans une autre langue leur paraît idiot. On tente de rattraper le coup en disant que ça s’arrange avec le temps, que les jeunes générations sont de moins en moins timides à l’idée de parler anglais… Peut-être qu’ils voyagent un peu plus aussi… Bref, avant d’arriver en Russie, cette particularité sur les français revenait très régulièrement sur le tapis.

 

Parler russe

Mais ça, c’était avant. Les russes parlent anglais aussi bien que les français. Dans les grandes villes, c’est encore possible de trouver quelques personnes qui baragouine quelques mots, mais sorti de là, il faut se débrouiller avec les moyens du bord. Pour la conversation quotidienne, nous avons appris le minimum syndical pour n’importe quel étranger qui débarque en terre inconnue :

Bonjour : Здравствуйте (zdravstvouytié)
Salut : привет (priviet)
Au revoir : до свидания (da svidaniya)
S’il vous plaît : пожалуйста (pajalousta)
Merci : спасибо, (spasiba)
Oui : да (da)
Non : нет (niet)
Excusez-moi : извините (izvinitié)

Le reste, c’est venu sur le terrain.
 

Pour retenir l’attention, il y a une petite technique toute simple qui fonctionne dans tous les pays. Il suffit de retenir une phrase par cœur, en tentant de la prononcer le plus correctement possible. En russe, ça donne :

« mouiy govolim tol’ka po frantsuzskiy i po angliyskiy ».

Ce qui veut dire : « Nous ne parlons que le français et l’anglais ». En général, ça fait rigoler notre interlocuteur, puisqu’on lui dit en russe à peu près correct qu’on ne parle pas russe. Il nous répond immanquablement :

« Mais si, tu parles russe, ah ah !! ».

De quoi briser la glace et engager la conversation avec notre vocabulaire plus que limité… Du coup, beaucoup se mettaient à nous parler en russe… Lorsqu’ils avaient finalement compris que nous ne parlions vraiment pas leur langue, nous avons vu plusieurs réaction. La majorité tentent de communiquer malgré tout, avec quelques mots simples. Il y en a aussi qui lâchent l’affaire et s’en vont, découragés par la barrière de la langue. Et il y a ceux qui nous font le plus rigoler : ils se mettent à parler très fort en articulant bien chaque mot, pensant sûrement qu’en nous criant dans les oreilles, on se mettrait soudainement à comprendre le russe…

Notre répertoire s’est rapidement étoffé avec quelques mots indispensables :

Délicieux : вкусный (vkusnyy),
Vélo : велосипед (vélocipiède),
Deux ans : два года (dva goda),
Japon : Япония (Yaponiya),

Et aussi les quelques spécialités culinaire que nous pouvions facilement commander sur le bord de la route.

Mais sinon, les gestes, ça fonctionne bien aussi…

 
blabla2

Lire le cyrillique

Pour corser un peu les choses, les russes n’utilisent pas le même alphabet. Nous avons commencé à potasser le cyrillique à peu près une semaine avant d’arriver. Nos hôtes sont parfois étonnés que nous n’ayons pas fait l’effort d’apprendre le russe ou le cyrillique avant de venir pour trois mois en Russie. Dans ce cas, nous aurions dû également apprendre le japonnais, le chinois, et la langue de tous les pays que nous allions traversés !

Le cyrillique est composé de 33 lettres, et il n’y a que 6 lettres en commun avec l’alphabet latin. Les 27 autres, c’est nouveau et il faut les apprendre par coeur. Dans le tas, il y en a bien deux ou trois imprononçables pour nous, petits frenchy. Mais en fait, pour le reste, ça ne nous a pas paru insurmontable. Rapidement, nous étions capable de décrypter les lettres d’un mot une à une. Ça donne une impression bizarre de revenir en classe de CP ! Au fil des semaines, ça se faisait de mieux en mieux.

Et pour voyager en Russie hors des grandes capitales que sont Moscou et Saint-Pétersbourg, lire le cyrillique est important, sinon indispensable. Pour le nom des villes, ou simplement pour lire le menu des restos.

Vous allez sûrement vous dire que de savoir déchiffrer les mots, c’est bien beau, encore faut-il connaître leur signification !! Nous nous sommes rapidement aperçus qu’il existe une quantité de mots russes qui viennent du français, et qui se prononcent plus ou moins de la même façon. Ou alors il suffit d’y ajouter « a » ou « ya » à la fin, et hop !

 

Voici la liste des mots que nous avons recensé sur notre trajet, mais il en existe sûrement plein d’autres !!

autobus, automate, automobile, adresse, aquarium, alphabet, analyse, anatomie, anecdote, appareil, appétit, astronome, aéroport, banane, banque, bandit, baraque, bombe, bravo, buffet, boulevard, buste, cirque, chiffre, chocolat, clinique, cognac, colosse, comédie, compliment, communiste, contrôle, contrôleur, corridor, cosmonaute, cauchemar, crétin, caleçon, catastrophe, cidre, cigare, climat, décolleté, dialogue, divan, docteur, document, Europe, écran, express, entracte, escalator, étage, étape, efficace, fermier, figue, filtre, folklore, format, gaz, garage, géographie, guitare, gendarme, geste, humour, idéal, idéologie, intéressant, journaliste, kilogramme, kilomètre, kiosque, lampe, liqueur, lune, magasin, mandarine, masque, mélodie, menu, métro, musique, omelette, opéra, parachute, passeport, passager, paysage, pédale, pianiste, pyjama, pistolet, phrase, sardine, signal, scandale, sauce, sport, soupe, tarif, théâtre, téléviseur, téléphone, théorie, trottoir, touriste, ticket, vélocipède, ventilateur, visa, virus, vitamine, viaduc, zigzag.

 
Finalement, on parlait déjà un peu russe et on ne le savait même pas !!!
 
russian
 
 

Travaux pratiques !

Voilà quelques exemples de mots qui ne veulent rien dire au premier regard, mais qui sont facilement compréhensibles une fois déchiffrés !
 


 
Le premier est facile : Vodka.
Le second, plus costaud : c’est la ville de Vyborg.
Ensuite, celui que nous croisons le plus : Restaurant.
Enfin, un rigolo qui est difficle à trouver sans connaître le cyrillic : Sushi-Bar.
 

Compter

Dans un nouveau pays, savoir compter au moins de 1 à 10 est bien pratique dans beaucoup de situation. Pour commander deux cafés, ou six boulettes de viandes, par exemple. Et aussi pour tout ce qui touche à la monnaie. En Russie, 1000 roubles, ça fait environ 15€. Rapidement, la note dépasse la centaine de roubles. Si bien qu’en Russie, connaître aussi les centaines est important pour comprendre les sommes annoncées à la caisse. Bon, il faut bien avouer que souvent, voyant de suite nos tronches de touristes, ils nous montrent le montant sur une calculatrice. Parce qu’autant 100, 200, ça va, mais dès que ça part dans des nombres compliqués, ça dépasse largement nos capacités de compréhension. Pour faire illusion, à l’annonce d’un montant incompréhensible, on tendait un billet de mille roubles d’un geste sûr et hop, ni vu ni connu ! Comme nos dépenses dépassent très rarement les 15€, ça fonctionne presque à chaque fois !

 
mouton

  1 Comment

  1. Gaelle, Jérôme & Cie   •  

    La culture française était dominante en Europe aux XVIIe et XVIIIe siècle. Les liens entre les cours européennes étaient nombreuses et les russes vouaient une réelle fascination pour la culture française. Un auteur russe du XVIIIe siècle, mais son nom m’échappe, écrivait qu’il était aussi important pour un Russe d’aller à Paris que pour un « Mahometant » (terme utilisé pour désigner les musulmans, bien entendu) d’aller à la Mecque.
    On trouve sur Internet la liste des 400 mots les plus courants se prononçant en Russe exactement comme en français.
    Avec le décalage, au moment où cet article est publié, vous êtes au Japon depuis déjà quelques semaines. J’imagine que le changement a été encore plus radical !
    Bises, on vous suit !

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