Panne sèche

Mais que fait la police ?

La fin du dernier article vous a laissé sur votre faim, et vous avez bien raison, nous aussi on avait la dalle. Rassurez-vous, notre petite histoire de noël n’est pas encore terminée. A la poste, lorsque nous avons prononcé le mot « police », nos deux « interlocuteurs » (qui ne savaient déjà pas où se mettre) se seraient presque cachés sous la table. Rien à en tirer. Retour à l’hôtel, où nous avons un peu haussé le ton devant l’indifférence la plus complète du gérant. On lui a fait comprendre que nous voulions juste qu’il nous indique le poste de police le plus proche. Pour lui aussi, l’évocation du mot « police » a fait son petit effet. Il a sorti son téléphone pour faire mine d’appeler quelqu’un et nous a demandé d’attendre dehors. Enfin, il se passait quelque chose !

Après un long moment à poireauter inutilement, nous sommes retournés le voir. Il a tenté d’appeler à nouveau, mais apparemment, personne ne répondait. Ou alors il n’a jamais appelé personne. En tout cas, il m’a fait comprendre qu’il valait mieux qu’on dégage, et si possible, très loin de son hôtel.

Après la Poste, la Banque et le seul hôtel de la ville, le soleil commençait à approcher de la cime des arbres. Nous avons alors eu l’idée de nous tourner vers un lieu insolite, mais sur lequel nous pouvons compter depuis notre entrée au Vietnam.

 


 

PETROLIMEX !

Depuis la Chine, nous allons régulièrement faire le plein dans les stations services. Pas le plein d’essence, vous pensez bien. Non, il y a quelque chose de beaucoup plus précieux pour nous sur la route : l’eau chaude. C’est primordial. Ça nous permet de nous préparer un petit café lyophilisé ou de ramollir un paquet de nouilles. Nous avons tenté plusieurs enseignes de station service au Vietnam. Dans toutes les autres, on s’est fait envoyer paitre à chaque fois. Mais il y en a une où les pompistes acceptent toujours de nous aider, à croire qu’être sympa est inclus dans leur contrat. C’est chez Petrolimex.

Pourquoi ne pas tenter notre chance là-bas ? C’est juste à côté.

Avec le pompiste, il a fallu jouer à un petit jeu auquel nous devenons assez fort : expliquer ce que nous voulons sans parler la langue. Nous avons sorti notre portefeuille pour en sortir l’intégralité de notre fortune : 38Mđ. Puis notre carte bleue. « ATM, không. » Les mains jointes sur la joue, la tête de côté et les yeux fermés, nous avons indiqué qu’on souhaitait trouver un endroit où dormir. Hop, en quelques gestes, il avait compris dans quelle panade nous étions. Il a d’abord paru perplexe, l’air de dire :

« Je vois bien ce que vous me dites, mais que voulez-vous que j’y fasse ? »

C’est alors que la magie de noël a opérée. Un client providentiel est arrivé sur son scooter. Notre nouvel ami lui a expliqué la situation. Et l’homme au scooter est venu nous parler.

Sprechen sie deutsch ?

Déjà à l’époque du lycée, mon allemand n’était pas bien fameux, alors une vingtaine d’année plus tard, c’est peu dire qu’il est un poil rouillé. Mais nous n’allions pas faire la fine bouche : nous avions devant nous un interlocuteur qui semblait se sentir un peu concerné par notre situation. Nous avons pu communiquer un minimum. Il s’appelle Hung et a vécu vingt ans en Allemagne avant de revenir aux bercailles. La première solution qu’il nous a trouvé, c’était de planter la tente devant la station service. Kein problem. Nous avons demandé confirmation au pompiste. C’est d’accord. Au moins, nous aurions un endroit où dormir. Certes tout pourri, avec plein de passage et nulle part ou planquer les vélos, mais c’était mieux que rien.

Nous avons commencé à lui parler de la solution « police ». Peut-être qu’enfin quelqu’un allait nous dire où les trouver. Nous avons croisé une moto et une voiture de flic à notre arrivée dans la ville, ils ont forcément un bureau ou un local quelque part.

Nein, keine Polizei. Pour lui non plus, ce n’était pas une option. Plus tard, il nous expliquera que les officiels, police ou armée, ne sont pas très fréquentable, voire corrompus. Mieux vaut si possible éviter de s’en approcher.

Voyant que l’idée de passer la nuit devant une station service ne nous faisait pas sauter de joie, il a soudain penser a eu une autre solution. Il a enfourché son scooter, et quand il est revenu quelques minutes plus tard, c’était pour nous annoncer une excellente nouvelle. Son ami Nga allait peut-être pouvoir nous venir en aide !

  2 Commentaires

  1. Louisette et Charles   •  

    Ah si vous étiez du sud, vous sauriez parler avec les mains !
    Les voyages forment la jeunesse dit le proverbe; En tout cas ça forge les caractères.
    Mais avec de telles péripéties, imaginez les histoires que vous pourrez raconter aux enfants plus tard !
    De tout cœur avec vous

  2. Sophie   •  

    AAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHH……………
    Enfin de belles et bonnes nouvelles……….
    ;o)
    la suiteeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee!!!!!!!!!
    Prends soin de ton dos Mimi.
    Love mum

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *