Off Road

Nouilles party

Hasard, loi des séries ou comique de répétition ? Il nous arrive de rouler plusieurs semaines sans une seule crevaison. Mais quand ça arrive, c’est souvent par lot. Notre record, c’était mi-septembre avec cinq pneus à plat en à peine trois jours ! Nous étions en train de réparer le quatrième lorsqu’un routier tadjik a garé son poids-lourd sur le bas côté. Il voulait nous aider, mais nous avions quasiment terminé le boulot. Il nous a alors proposé d’embarquer les vélos dans sa remorque pour nous avancer un peu, ce que nous avons poliment refusé. Mais il ne s’est pas avoué vaincu : il était midi, alors il nous a invité à déjeuner. On s’est retrouvé dans l’habitacle du camion à manger chinois (un pot de noodle avec un pain fourré à un truc bizarre), avant de poursuivre notre route jusqu’à Alichur.

 

 

Petit détour

Nous roulions avec Matthias depuis moins de deux jours, mais parfois c’est largement suffisant pour savoir si le courant passe ou pas. Quand il nous a dit qu’il comptait faire un petit détour vers le lac Bulunkul avant d’entamer la suite du trajet vers Khorog, nous savions que c’était un parcours compliqué. Les passagers d’un Land Cruiser nous ont assuré que l’état de la piste que nous voulions emprunter est si lamentable que pour eux, ce n’était même pas pensable de tenter le coup à vélo.

Contrairement à notre ami allemand, nous n’aimons pas particulièrement les routes pourries. Pour être plus précis, l’un de nous déteste ça tandis que l’autre n’aime pas entendre râler à longueur de journée. Nous avons pourtant décidé de le suivre histoire de voir de quoi nous étions capables. Après tout, ce n’était que 45 kilomètres de détour…

 

Juste après avoir quitté la route principale, nous savions déjà qu’on ne nous avait pas menti sur la qualité de la « piste ». Nos roues se dérobaient sous les galets et on n’avançait à rien. Après trois-quart d’heure à galérer, nous n’avions parcouru que quatre kilomètres et il en restait une trentaine jusqu’au lac… Pause stratégique. C’était le moment ou jamais de faire demi-tour. Nous savions déjà que nous ne pourrions pas atteindre le lac le soir même, comme nous le pensions naïvement au départ. Pour être honnête, si nous n’avions été que tous les deux nous aurions sûrement fait demi-tour. Mais après discussion, l’équipe a décidé à l’unanimité de poursuivre l’aventure « off road ». Et nous avons bien fait, puisque la piste s’est largement améliorée en fin de journée.

 

 

Hors piste

De manière générale, pour nous repérer c’est plutôt simple. Nous avons les cartes électroniques hors ligne, qui nous font rarement faux bonds. Mais nous tentons aussi d’avoir toujours une carte papier du pays que nous traversons. Cette fois, toutes ces cartes se sont avérées complètement inutiles. La piste que nous comptions suivre a bien dû exister à une époque, mais plus maintenant. Pour continuer, il a fallu faire du hors piste en se repérant avec les repères visuels que nous avions sous le coude. Voici un petit extrait de ce que ça pouvait donner :

— Vous voyez les deux pics, tout là-bas ?
— Heu…
— En théorie, nous devons passer par là.
— Vous avez vu la grosse tâche jaune ? On dirait un lac.
— Pas faux. On peux tenter de le contourner par la droite !
— …Vous êtes sûrs ?
— Pas vraiment.
— Bon, bah on le saura une fois sur place !!

C’est comme ça qu’on s’est retrouvé pour la première fois du voyage à rouler complètement à vue de nez, sur des kilomètres, en retrouvant parfois des bouts de pistes ou de vieilles traces de 4×4.

A force de passer 24h/24, 7j/7 ensemble depuis des mois, nous commençons à nous connaître par cœur. Assez en tout cas pour savoir qu’en duo, nous nous serions vraisemblablement pris gentiment le chou. Il est de notoriété publique que notre sens de l’orientation est aussi affuté qu’une cuillère à soupe. Mais avec un troisième larron dans l’équipe, ça a tout changé. Un soupçon de râlage en moins, une pincée de nouveaux sujets de discussion, les yeux un peu moins rivés sur le GPS… La présence de Matthias, toujours très pragmatique, facile à vivre et qui voyage sans l’aide d’aucun appareil électronique, a définitivement contribué à garder une atmosphère détendue !

 

 

Le Bulunkul

Nous avons finalement retrouvé la trace d’une piste un peu plus confortable. Il était encore très tôt lorsque nous sommes arrivés au lac, mais nous avons malgré tout planté la tente. Pas seulement parce qu’on était épuisé par notre journée de hors piste. Non, l’intérêt du lac Bulunkul, c’est au lever du soleil lorsqu’il n’y a pas un pet de vent et que les montagnes alentour se reflètent dans le lac. Forcément les photos que nous allons vous montrer ne font pas du tout honneur à la réalité. Mais pour la petite anecdote, vers trois heures du matin il a fallu que je mette le nez dehors pour un besoin naturel pressant. J’ai eu beaucoup de mal à m’extraire de la douce chaleur de mon sac de couchage. Mais une fois dehors, je me suis retrouvé devant un spectacle tout simplement irréel, avec un magnifique ciel étoilé qui se reflétait dans cette espèce de miroir géant. Je suis resté scotché un petit moment. J’ai même pensé que ce serait le bon moment pour sortir l’appareil photo et tenter quelques cliché de nuit… Mais ça caillait sévère et j’ai préféré me remettre au chaud…

 


 

Panoramiques

Les paysages grandioses de la région Pamir se prêtent bien aux photos panoramiques. Ce n’est pas ce qu’on préfère parce que ça a tendance à déformer l’image, mais nous en avons quand même un beau stock.

En voilà trois autres qui illustrent bien ces quelques jours.

  1 Comment

  1. Gaelle, Jérôme & Cie   •  

    Hello !
    Ouai, ben j’sais pas si je l’aurais fait, ce détour… Mais l’attrait de la nature sauvage et de l’aventure…
    Bises à tous les deux, vous vous rapprochez de plus en plus ! A bientôt donc !

    Jérôme

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