Nouvelles fraîches

En direct de Korsakov

Malgré le « léger » décalage dans la parution des articles, vous pouvez nous suivre au fil de l’eau à travers la carte des étapes et la trace GPS. Quelques infos sont également distillées dans le mail hebdo (pour s’inscrire, c’est en bas de la page !!).

Certains d’entre-vous savent donc déjà que nous n’avons quasiment plus fait de vélo depuis bientôt 15 jours. Nous avons reçu plusieurs mails et SMS pour demander des nouvelles : merci bien, ça fait toujours plaisir !

Une fois n’est pas coutume, ça méritait bien un petit article en direct pour vous faire un petit bilan de situation.

 

Une articulation défaillante

Le 9 août dernier, nous somme partis de Belogorsk au lever du jour. L’objectif était de parcourir 90km avant de commencer à chercher notre lieu de bivouac. Ce jour-là, le contexte était un peu extrême. Un soleil de plomb, avec une moyenne de 33°C sur la journée, et des pics à 38°C au plus fort du cagnard. Pas un pet d’ombre. De toute façon, la moindre pause se transformait en un véritable supplice : une horde de taons se mettait à nous attaquer de toute part. Impossible de s’arrêter plus d’une minute sans péter un câble. Cerise sur le gâteau, pas moyen de trouver un endroit propice où poser la tente avant… 128km ! Heureusement, nous tenions la grande forme !! A un détail près.

Le détail, c’est le genou gauche d’Emilie. Dès le matin, elle a commencé à ressentir une légère gène. Rien d’alarmant : depuis le début du voyage, les douleurs dans les genoux vont et viennent quand ça leur chante, et puis ça passe. Mais au fil des heures, la gène s’est transformée en douleur insistante. Emilie est loin d’être une chochote, mais sur la fin de la journée, il devenait urgent de trouver un endroit où s’arrêter pour la nuit.

Les problèmes de ligament, tendon, ou articulation pendent au nez de tout cyclo-touriste au long court. Les moyens de prévention sont simples : boire beaucoup d’eau, avoir une bonne position sur le vélo, et pédaler en vélocité plutôt qu’en force. Ce dernier point est primordial, même si au début, c’est compliqué à appliquer. L’idéal serait de pédaler à une cadence d’environ 90 tours par minute. Ceux qui ont essayé de tenir ce rythme savent que ce n’est pas du tout naturel. Pourtant, médecins, cyclistes et mécanos s’accordent à dire que ça n’a que des avantages : ça permet de préserver à la fois les articulations et le matériel. Malgré tout, même en tentant de respecter tous ces bons conseils, parfois le corps ne suit pas.

Nous savons que ce type de désagrément fait parti du jeu. Même s’il n’y a rien de plus frustrant que de devoir s’arrêter pour un « petit bobo », il y une règle à ne JAMAIS enfreindre. Une douleur n’est jamais à prendre à la légère. Sans être parano, il faut savoir s’arrêter à temps, et le temps qu’il faut, pour ne pas aggraver les choses. Mal soignée, une petite tendinite peut prendre des proportions beaucoup plus conséquentes, et peut même compromettre sérieusement le bon déroulement d’un voyage à vélo.

 

Wassup ?

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Nous avons rejoint la ville de Khabarovsk, où nous étions hébergés par Sergey. Un gars incroyable qui a passé plein de coups de fils, et a quadrillé la ville en voiture pour nous emmener à moultes rendez-vous. Grâce à lui, nous avons peut-être bien battu un record. Tenez-vous bien, deux jours après notre arrivée, Emilie avait déjà vu un généraliste, passé une échographie, un doppler, une IRM, et consulté un orthopédiste ! En parallèle, sur les conseils de notre hôte, nous sommes même allés consulter un médecin-ostéo-masseur-acupuncteur un peu marabout et adeptes de la médecine chinoise. A l’issue de cette deuxième journée à courir à droite à gauche, nous en savions un peu plus.

 

Le verdict

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En résumé, les douleurs semblent être dues à une inflammation des tendons, couplé à une rotule récalcitrante. Ils étaient d’accord sur un point : si les douleurs persistent, il faudra penser sérieusement à trouver un nouveau moyen de transport, sous peine de risquer des complications sur le long terme. Mais pour le très court terme, selon les personnes consultées, les avis divergent. Certains nous ont assuré qu’Emilie pouvait poursuivre le voyage à condition de réduire le kilométrage et de ne pas trop forcer. L’orthopédiste, en revanche, n’est pas du tout de cet avis. Selon lui, la guérison doit être complète avant de reprendre le vélo. Un repos de deux à trois semaines s’impose, et il nous a conseillé d’investir dans une orthèse pour le maintient de la rotule.

 

Vous pensez bien qu’Emilie ne s’y est résolu qu’à contre-coeur, mais nous avons choisi de stopper toute activité vélocipédique d’ici à la fin août. Nous reprendrons tranquillement les étapes à vélo à notre arrivée au Japon.

 

On croise les doigts !

Traverser l’île d’Hokkaido pour rejoindre le port d’Hakodate représente un itinéraire de près d’un millier de kilomètre. Ça inclut quelques dénivelés non négligeables, et si tout se passe bien, nous devrions en venir à bout aux alentours de la mi-septembre. Nous en saurons plus à ce moment-là, et ce sera le moment de prendre une grande décision. Si son genou est totalement guéri, dans ce cas pas de changement de programme. Mais si la douleur revient et persiste… il faudra se faire une raison et trouver un plan B pour terminer le voyage. Ce ne sont pas les solutions qui manquent, même si pour le moment, nous préférons croiser les doigts et penser à toutes les belles choses qui nous attendent au pays du soleil levant !!

 

In the mood for travel

En Russie, nous avons un peu accumulé les « aléas » inattendus. Sur le papier, nous aurions bien sûr préféré que le tracé de la carte de Russie soit beaucoup plus teinté de orange, synonyme de route effectuée en vélo… Mais en larguant les amarres en février dernier, nous savions que tout ne se passerait pas comme prévu. Sinon, ça enlèverait tout le piment du voyage !

Au cas où vous vous posiez la question, rassurez-vous, le moral est au beau fixe !

Notre route se poursuit, la seule différence de taille est que depuis quelques temps, nous voyageons plus souvent « avec nos vélos » que « en vélo »… C’est une expérience à part entière, parce que se faire accepter dans les transports en tout genre avec nos deux gros engins et nos onze sacoches, ce n’est jamais une partie de plaisir ! Pourtant, ça ne nous a pas empêché de continuer à faire de nombreuses rencontres, à profiter des paysages, et à goûter à toutes les spécialités locales qui nous tombent sous la main !

  3 Commentaires

  1. Pingback: Karoutcho – La fête est finie !

  2. Sophie   •  

    Bon bon bon………je vois bien Milie avec son truc sur le genou……mouah ah ah………
    sinon skype quand vous voulez!
    love and take care.

  3. Gaelle, Jérôme & Cie   •  

    Hello,
    Que dire les amis sinon de donner des nouvelles régulièrement…
    Comme faites-vous pour l’hébergement à Sakhaline ? Vous avez trouvé un bon samaritain qui vous héberge 10 jours ?
    Profitez de cet arrêt forcé pour complétez votre retard en articles, ce ne sera jamais perdu !
    Grosses bises ! Jérôme

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