L’état des caisses

Parlons un peu pognon

En janvier 2015, nous avons établi un budget prévisionnel plutôt précis, pour les deux années à venir. L’exercice n’était pas si simple, mais nous sommes parvenus à un résultat qui nous semblait à l’époque plutôt réaliste. C’est pas tout récent, ça vaut bien un petit rappel des hypothèses de départ.

Pour simplifier la suite de l’article, nous avons arrondi tous les chiffres à la tronçonneuse. Nous ne tenons pas compte de tout ce que nous avons déjà dépensé dans la préparation du voyage et l’achat de matériel : c’est fait, on en parle plus. Nous ne pensons qu’à l’avenir, m’ssieur-dame. Et dans notre marc de café grand-mère, voilà ce que nous avons découvert.

Après le premier coup de pédale, notre estimation des dépenses à venir s’élevait à 25 000€. Ça devait permettre de couvrir l’intégralité des dépenses qui nous attendraient sur la route pendant deux ans : nourriture, transports, hébergements, entretien des vélos, renouvellement de l’équipement usé ou perdu, frais bancaires, visas, tourisme, dentifrice, rustines, massages, imprévus, etc.

Le 22 février 2015, jour du départ, notre compte en banque contenait la rondelette somme de 18 000€. Nous étions parvenus à financer plus des deux tiers du coût total à l’aide de nos économies, de la mise en place de quelques partenariats, de cadeaux de départs et d’un peu d’aide par l’intermédiaire du compteur-cochon. Les plus balèzes en calcul mental auront déjà compris qu’avant même de partir, nous étions un peu court de 7000€. Mais avec ça, nous pouvions espérer parcourir 36 000km avant d’être fauché. Ça nous emmène quand même jusqu’au nord du désert du Taklamakan dans le Ouïgour. Un bien bel endroit pour une panne sèche.

 

Partant de là, nous n’avons pas vraiment le choix : il nous faut faire mentir nos prévisions en tentant de réduire au maximum nos dépenses dès que c’est possible. Et une fois le seuil critique atteint, il sera temps de se poser quelque part pour bosser un peu afin de renflouer les caisses.

 

(…Roulement de tambour…)

Nos prévisions étaient-elles proches de la réalité ou alors complètement à côté de la plaque ?
Sommes-nous parvenus à dépenser moins que prévu pour tenter de terminer la boucle avant d’être sur la paille ?
Avons-nous au contraire tout claqué, au risque de devoir rentrer bien plus tôt faute de finances suffisantes ?

 

Un an plus tard…

Le 22 février 2016, nous avions dépensé 10 300€, il nous restait donc 7700€ en caisse. Nous avons révisé un peu nos prévisions pour les confronter à la réalité. Résultat, après avoir tenté de trouver le bon compromis entre bien profiter du voyage et éviter les dépenses inutiles, nous pensons qu’à moins d’une grosse tuile, il ne nous manque « plus que » 2000€ pour rentrer aux bercailles. Autrement dit, nous avons résorbé notre petit déficit budgétaire de 5000€.

Vous vous demandez comment nous avons fait pour économiser cette somme en seulement douze mois ?

 

Les transports

Nous n’avons presque pas eu de dépenses « imprévues » pour l’instant. Mais il fallait bien qu’on se soit trompé sur quelque chose : ce sera les transports ! Nous savions que la première partie du voyage était celle où nous allions le plus les utiliser : ferrys en Norvège, trains en Russie, ferrys pour le Japon, la Corée, train en Chine… Mais les petits pépins physiques et quelques aléas climatiques nous ont fait dépenser plus que nous pensions sur la première année.

Sur le chemin du retour, nous devrions pédaler un peu plus qu’à l’aller : nous n’avons plus de mer à traverser et après la Chine, nous aurons moins de contraintes avec la durée des visas. Mais au global, les frais de transport devraient nous coûter davantage que prévu. Nous pensons qu’un supplément de 500€ par rapport aux prévisions devrait nous suffire pour rentrer aux bercailles.

 

 

L’hébergement

Dès le départ, nous voulions privilégier au maximum l’hébergement « chez l’habitant » et le camping sauvage. Mais serait-ce si simple de se faire héberger ? Est-ce que le camping n’allait pas nous gonfler, à la longue ? Un peu de confort n’allait-il pas être nécessaire après une longue journée à pédaler ? Une douche, un bon lit moelleux ? Dans le doute, nous avons préféré assurer le coup en prévoyant le budget nécessaire pour passer un tiers de nos nuits dans un établissement payant. A 8€ la nuit en moyenne, ça représentait un budget de 2000€.

Après un an de voyage, nous n’avions dépensé que 170€ en hébergement, sur 26 nuits (soit 6,5€ en moyenne). Ce mode de voyage nous convient et il n’y a pas de raison que ça change radicalement d’ici à la fin du périple. Cette fois, nous n’y sommes pas allés avec le dos de la cuillère : nous avons revu le budget drastiquement à la baisse, pour le ramener de 2000 à 500€.

 

 

L’entretien et la réparation des vélos

Il y a pas mal de pièces d’usures sur un vélo : pneus, freins, plateaux, chaîne, pignons arrières, roulements de pédalier… Nous ne sommes pas à l’abri d’une casse de rayons, d’un choc dans la patte de dérailleur, voire d’une fissure au niveau de la jante. Les moyeux aussi sont soumis à rude épreuve et en changer nécessiterait de reconstruire une roue complète… A tout ça, il faut ajouter la main d’œuvre, parce que même si nous pouvons en faire une bonne partie, le coup d’œil d’un professionnel est parfois important et de toute façon, nous n’avons pas tous les outils nécessaires.

Bref, prévoir tout ce qui pourra arriver sur la route est plutôt compliqué.

Par sécurité, nous avions préféré voir large, avec 1000€ par vélo. De quoi remplacer les pièces d’usures, réparer une roue cassée, changer un dérailleur défaillant, et payer le personnel compétent si nécessaire…

Fred, qui nous a vendu les vélos, nous avait pourtant prévenus que lorsque nous aurions terminé la boucle, nos montures seraient à peine rodées. Ces douze premiers mois de voyage lui ont donné raison, car nous n’avons dépensé que… 110€ en frais de maintenance ! Il faut dire aussi que nous avons fait quelques rencontres qui nous ont bien aidées que ce soit en Finlande, au Japon, au Vietnam ou en Thaïlande. Un autre détail : selon le constructeur, nos pneus sont censés avoir une durée de vie de « seulement » 10 000km. A 50€ le bout de caoutchouc, nous pensions devoir les changer deux à trois fois en chemin. Au moment d’écrire cet article, ils avaient plus de 16 500 kilomètres dans les pattes et n’ont pas l’air de vouloir nous lâcher avant quelques mois.

Même en se laissant une belle marge de manœuvre pour tenir compte du fait que plus les milliers de kilomètres s’enchaînent, plus le risque de pépin augmente… Nous devrions rentrer en France en ayant dépensé 1000€ de moins que nos prévisions initiales.

 

 

La nourriture

On a gardé le meilleur pour la fin. Nous aimons bien manger et c’est de loin le budget le plus important du voyage. Mais c’est là aussi où nous pouvions économiser le plus. Nous avions prévu de dépenser en moyenne 15€ par jour, en incluant les petits déjeuners, les repas, les snacks, les cafés, les tablettes de chocolats, les smoothies mangue-kiwi, les snickers, les ravitaillements en eau… Bref, tout ce qui est comestible. Bien sûr, nous ne lésinons ni sur les calories, ni sur les quantités ingurgitées. Mais en préférant les petites échoppes aux restaurants à touristes et en privilégiant toujours la nourriture locale simple plutôt que la « western food », ça nous a permis de réduire considérablement la note. Il faut aussi prendre en compte le nombre de fois incalculable où nous nous sommes fait invités à manger.

Pour le moment, nous dépensons en moyenne 11€ au quotidien. Quatre euros en moins par jour sur deux ans… ce n’est pas rien ! Ça représente une économie d’environ 3000€ sur l’ensemble du voyage.

Soyons honnête, ce n’est pas simple tous les jours. Dormir dans des conditions parfois précaires, pas de problème. Eviter les pièges à touriste, ça va. Réduire le budget apéro à néant, c’est pas plus mal pour pouvoir pédaler le jour suivant. Alors que ne pas pouvoir se permettre de déguster toutes les spécialités locales, pour nous qui adorons manger ? C’est parfois frustrant. Tout est une histoire de compromis et nous tentons de goûter à tout les plats du cru au moins une fois !

 

Dans le lot, il y a une assiette que nous n’avons même pas fait semblant de toucher…

 

46 000 km !

Sur ces nouvelles bases, nous devrions pouvoir vadrouiller jusqu’à Istambul avant que nos caisses soient vides. C’est quand même une avancée non négligeable ! Sauf que maintenant, nos marges de manœuvres sont plutôt limitées : nous pensons avoir grappillé partout où nous le pouvions. Et bien sûr, les impondérables sont toujours possibles…

 

Un exemple d’impondérable

Pour une fois, nous nous étions accordé une nuit en guest house. Le matin en partant, nous avons eu la très désagréable surprise de nous apercevoir que quelqu’un avait fouillé dans les affaires d’Emilie. Après vérification, l’équivalent de 100€ en monnaie étrangère manquait à l’appel. Après tous ces efforts pour surveiller notre budget, c’était d’autant plus énervant. Pourtant, nous ne nous étions absenté qu’une petite demi-heure pour aller manger la veille au soir. Nous avions tout bien fermé à clef et il n’y avait pas de trace d’effraction. Nous sommes allé dire deux mots aux propriétaires des lieux, mais en fait un seul aurait suffit. Après un peu de blabla, il a fallu prononcer le mot « Police » bien distinctement pour que notre truand change soudain d’attitude, tout affolé : « No problem, no problem !! ». Notre argent est réapparu comme par magie. Exactement les mêmes billets, dont un du Japon que nous avions gardé en souvenir. Malgré le larcin, nous avons payé notre nuit, et on est parti sans un mot. Mais bien soulagés d’avoir récupéré nos 100€ !

 

A notre connaissance et en mettant de côté les mini-arnaques de marché, c’est la seule et unique fois en plus de 400 jours de voyage où quelqu’un a tenté de nous voler. Un mal pour un bien, car depuis nous sommes beaucoup plus prudent pour dissimuler notre petit pécule d’urgence !

  4 Commentaires

  1. shumi   •  

    magnifiques vos spots… le temple au cambodge! je reve:)

  2. Francois   •  

    Ah de la dérive positive ! Ça fait du bien 😉
    Private joke Romain bien entendu !

  3. Jérôme, Gaelle & Co   •  

    C’était dans quel pays le voleur ? Ca vaut toujours le coup de le savoir. En tous cas, il ne doute de rien 🙂
    Entre les sortes de cafard et les larves de jenesaispasquoi dans l’assiette, je ne sais pas laquelle ne me ferais pas vomir… Mais pour les autres, ça a l’air d’être plutôt bon. Miam !
    Bon, une fois à Istanbul… demandez des sous au Père Noël !

    Bises à tous les deux
    Jérôme

  4. Sophie   •  

    Il y a des assiettes avec un contenu étrange du type bestioles……..c’est juste beurckkkkk….
    Sinon la plus part sont belles et colorées.
    Emilie tu notes les recettes hein…….. ;o)))
    Bon zou la semaine commence au travail.
    love mum

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