La frontière afghane

La minute « culturelle »

Le Pyandj est un fleuve qui marque la frontière naturelle entre le Tadjikistan et l’Afghanistan. Mine de rien, nous l’avons suivi sur plus de 650km. A certains endroits, le cours d’eau est même suffisamment étroit pour qu’on puisse envoyer une pierre du côté afghan sans trop d’effort. Quelque part, ça fait bizarre de se retrouver à quelques brasses d’un pays où nous n’irons probablement pas faire du tourisme de sitôt. Plus étrange encore : jetez un œil à la photo d’en-tête, vous pouvez voir trois pays. Nous avons pris cette photo au Tadjikistan. De l’autre côté du fleuve, c’est l’Afghanistan. Et en arrière plan, les montagnes enneigées se trouvent au Pakistan !

 

Ce territoire afghan en forme de « queue de poêle » se nomme le « corridor du Wakhan ». Ces frontières un peu particulières ont été tracées à la fin du XIXème siècle pour faire tampon entre deux grandes puissances de l’époque : l’empire britannique et l’empire soviétique. Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts mais ce petit bout de terre afghane existe toujours. De nos jours, il ne sépare plus deux « empires » voulant se taper sur la tronche, mais deux pays qui n’ont à priori aucune intention de s’envahir mutuellement : le Tadjikistan et le Pakistan. Voilà comment résumer un siècle d’histoire en deux ou trois lignes… C’est un peu léger, mais vous voyez le topo.

 

Une petite balade du dimanche

Vous pensez peut-être que nous sommes complètement inconscients de nous approcher si près d’un pays en guerre civile depuis près de quarante ans ? Rassurez-vous. Le nord de l’Afghanistan, en incluant ce fameux « corridor », est une région très montagneuse et quasiment inhabitée. Le coin est plutôt calme, quoi. Et puis nous sommes loin d’être des pionniers en la matière. La route que nous avons suivi côté tadjik est arpentée depuis plusieurs années par toute une ribambelle de cyclo-touristes (plusieurs centaines par an selon notre hôte de Douchanbé) sans qu’aucun incident sérieux n’ait été signalé.

 

 

Cet article clos la série sur le Tadjikistan, le pays où on en aura le plus bavé et qui nous aura permis de remettre les choses en perspective. Depuis le début du voyage, beaucoup de personnes rencontrées sur notre chemin nous disaient que ce qu’on faisait était incroyable, qu’on était braves et courageux, etc. Jusque-là, nous avions tendance à la jouer modeste et à relativiser les choses, en répondant qu’il suffit d’y aller tranquillement, à son rythme, un peu comme une petite balade du dimanche, mais tous les jours.

Que les choses soient claires : la traversée du Tadjikistan (en particulier de la vallée du Wakhan) n’a RIEN d’une petite balade du dimanche. Même si nous savions avant d’y mettre les pieds que ça n’allait pas être une partie de plaisir, on ne s’attendait vraiment pas à galérer autant. C’était une belle expérience, nous sommes plutôt fier de l’avoir fait… et surtout pas mécontents d’être arrivé au bout sans trop de casse. Mais il faut se rendre à l’évidence : la team Karoutcho aime son petit confort et nous étions assez content de poursuivre vers des pays aux routes bien lisses et douillettes.

 

  1 Comment

  1. Monika Duda   •  

    Salut Emilie et Romain,

    Vous vous approchez la frontière francaise! Félicitations! Vous pouvez vraiment être fiers de ce que vous avez fait. Beaucoup de gens en rêvent mais n`osent pas le faire.!
    Gros bisou à vous deux! Et bonne continuation!

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