La chevauchée infernale

Objectif : 100 km

Notre première nuit sous la tente s’est plutôt bien passée, malgré la température qui a frôlé le zéro. Mais ce n’est clairement pas aussi reposant qu’une bonne nuit au chaud. Départ un peu après 9h00, le temps de plier le campement et de prendre un bon petit déjeuner avant la nouvelle étape marathon qui nous attend. Dans 100km tout juste, c’est repos pour quelques jours à Jonsered, chez Frida & Seb. La tentation de le faire en une seule journée est grande ! Mais on vient d’enchainer les longues étapes, avec un vent de face assez fréquent, et la fatigue s’accumule. D’un autre côté, la perspective d’un bon lit douillet et d’une douche chaude est alléchante…

No man’s land

La journée s’annonce longue : avec le vent de face, à midi, nous avions roulé 29,5km lorsqu’on s’est retrouvés devant une côte impressionnante sur un terrain un peu compliqué qui ne présageait rien de bon : il va falloir pousser le vélo. Mais c’est censé être un passage de 1,5km seulement, avant de retrouver une belle route bitumée.
Certaines expériences récentes auraient dues nous faire rebrousser chemin, mais non, on y va.

On venait de se taper plus d’un kilomètre de grosse galère, à pousser les vélos à bout de bras dans des montées de tarés, et des descentes du même acabit, mais on avançait sans rien dire : ce n’était pas une bonne idée, mais il ne reste plus que 500m : tant pis, on ne le refera plus. Quand soudain, plus rien. Le No man’s land. Un ouragan a dû s’abattre sur la forêt, je sais pas, mais il n’y avait plus de trace de la route. On avait beau chercher, avec nos vélos chargés, ça ne passait pas.
Pour moi, pas moyen d’avancer : il faut se résoudre à se retaper le chemin à l’envers, sinon on risque de casser un dérailleur. Mais pour Emilie, pas question de faire demi-tour. Elle est parti en éclaireur, et finalement a fini par retrouver la route, 300m plus loin. Mais même à pied, c’est à peine praticable ! Finalement, on a fait plusieurs aller-retours à pieds pour emporter d’abord les sacoches, et ensuite les vélos à vide. Faire de la rando en terrain hostile avec un vélo de 19kg sur l’épaule, ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple, mais finalement, on s’est retrouvé de l’autre côté de la route. Record battu, il nous aura fallu 2h pour parcourir ces 1,4km.


Sur les rotules

A 15h00, nous n’avions fait que 35km. Nous étions lessivés. Aucun de nous n’a tenté de pousser l’autre à continuer. Dans ces cas là, on s’est mis d’accord pour que ce soit le plus fatigué qui choisisse. Mais je crois bien que ce petit obstacle nous a motivé encore plus pour tenter d’arriver au bout le soir même.


Après 70km de route, on n’en pouvait plus. Mais plus on s’approchait et plus on se disait qu’on ne pouvait pas s’arrêter si prêt du but, alors qu’il ne restait que quelques kilomètres.
Finalement, on l’a fait : à 21h00, nous arrivions à Jonsered sur les rotules, au bout de 101km de trajet. Avec le recul, on se dit que c’était complètement idiot, c’est le meilleure moyen de choper une tendinite ou une autre blessure qui nous obligera à nous arrêter plus longtemps. De là à affirmer que nous allons arrêter les longues étapes…

  8 Commentaires

  1. Pingback: Karoutcho – Jonsered

  2. Albane et Michaël   •  

    Ce n’est pas de tout repos! Bravo!

  3. Monika et Hilmar   •  

    Bravo, les deux! Vous avez vraiment du courage ..et de la force! C`est vraiment impressionnant! Reposez-vous bien chez Seb et regagnez des forces. Ca va être super de prendre une douche chaude, d`avoir un bon repas et après de tomber dans un grand lit! On suit toujours votre trajet.-
    J`ai fait la connaissance d`une Iranienne. Je vais lui demander si sa famille pourra vous acceuillir.

    Cordialement

    Hilmar et Monika

  4. Marilyn   •  

    Waouh impressionnant ! Je ne trouve pas les mots. De quoi faire une belle série pleine de rebondissements et de paysage de dingue, j apl HBO de suite !
    En tt cas quel plaisir de vous lire comme à chaque fois. Biz

  5. Guillaume Gaëlle   •  

    Belle étape dites donc ! Après, je me demande si l’apéro chez Seb, c’était pas ça le vrai test de la journée 🙂

    • Seb G.   •  

      Un vrai traquenard … dans lequel ils sont tombés gaiment 😉

  6. Seb G.   •  

    C’était également votre 1ère arrivée de nuit (enfin il faisait brun quoi) si je ne m’abuse 🙂

    Je rassure tout le monde, même après cette étape de quasiment 12h, ils avaient encore suffisamment de force pour trinquer à l’apéro 😉

    • Milie   •  

      On refuse jamais l’hospitalité, c’est un principe?

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