Jusqu’ici, tout allait bien

Des hauts et des bas

Dans un voyage au long court, il y a forcément des moments où les choses ne vont pas comme on voudrait. Des matins où on se réveille tout grognon sans raison. Des moments où le moindre petit détail nous gonfle bien plus que cela ne devrait.

Et parfois, tout baigne. On est juste heureux d’être là, à pédaler dans le monde merveilleux des bisounours. Les paysages nous enchantent et les petits soucis du quotidien nous paraissent bien insignifiants.

Sur la route allant du lac Baïkal vers Oulan Oudé, tout allait pour le mieux. Bonne humeur, pleine forme, jolis paysages…

 


 

En cinq mois de voyage, nous n’avions pas vu un seul cyclo-voyageur sur notre chemin. En quelques jours, nous avons croisé un cycliste en solo, un couple de polonais et un groupe de chinois.

Nous aurions bien voulu discuter avec le premier, mais il a poursuivi sa route sans s’arrêter, ni même nous adresser un regard…

Nous avons rejoins les deux polonais alors qu’ils faisaient une pause à l’ombre sur le bord de la route. Ils étaient cette fois très sympa, et comme ils allaient dans la direction opposée, nous avons échanger donc quelques infos sur la route à venir. Ils nous ont involontairement rassuré sur un détail. Depuis le départ, la réaction de nos hôtes en voyant nos vélos chargés de sacoches allait de la surprise de nous voir si peu chargés pour un si long voyage, à l’étonnement de nous voir si lourdement équipés, au risque de nous ralentir et de précipiter l’usure des vélos et de nos articulations. On se demandait depuis quelques temps si nous n’étions pas un peu trop chargé. Mais ils roulaient largement plus chargés que nous. Lui avait une sacoche entière dédiée au matériel photo, et son vélo frisait les 80kg. Elle roulait avec une garde-robe permettant de se changer chaque jour pendant deux semaines. A nous deux, nous roulions avec plus de 40kg de moins, malgré le matériel nécessaire pour affronter des températures négatives. Nous n’étions finalement peut-être pas si chargés, après tout…

En nous voyant, le groupe de cinq chinois nous a fait des grand signes, tout sourires. Nous avons passé un moment à discuter, notamment sur l’état des routes chinoises. Ils nous ont assurés qu’elles étaient de bien meilleure qualité qu’en Russie, mais surtout avec un large espace sur les côtés, qui permet aux cyclistes de rouler en toute sécurité. Une nouvelle rassurante pour la suite !!

 


 

Quand soudain, c’est le drame.

Ce matin-là, Oulan Oudé était à environ 110km. Les routes étaient plutôt tranquilles, quasiment refaites à neuf. Il y avait bien quelques passages où ils avaient dû « oublier » de faire le boulot, mais rien qui puisse nous empêcher de tenter de le faire en une seule étape. Le seul obstacle de la journée était une petite côte de 2,5km avec un dénivelé à 6%.

Il était pile 16h00 lorsque nous avons entamé l’ascension. Il faisait une chaleur étouffante, et de mon côté, je voulais en finir au plus vite. C’est l’avantage de ne pas être en tandem : chacun peut aller à son rythme. Et pour le coup, je me sentais en grande forme : Hop, hop, hop !! J’étais concentré dans mon effort, j’y allais franco sur le coup de pédale. Après une dizaine de minute, je fais un premier arrêt pour boire un peu. Ça faisait un moment que je ne voyais plus Emilie dans mon rétro, mais rien d’alarmant. Dans les montées, elle y va toujours doucement mais sûrement, alors que j’ai tendance à y aller comme un goret au début pour profiter de l’élan de la descente qui précède, et donner un bon coup de pédale, quitte à faire plus de pauses en chemin. Deux techniques différentes qui aboutissent au même résultat. Dans ces cas-là, j’attends de voir Emilie réapparaitre dans mon rétro avant de reprendre la route. On préfère ne pas se perdre de vue trop longtemps, au cas où il arrive un imprévu.

 


 

5 minutes. Je commence à m’impatienter. Il fait chaud, il n’y a pas d’ombre, et je n’ai qu’une envie, c’est de grimper jusqu’en haut en espérant qu’il y ait un coin d’ombre où se poser.

10 minutes. Je me dis qu’il y a un truc qui ne va pas. Elle aurait déjà dû apparaître au loin. Je tentais de scruter le visage de tous les conducteurs qui passaient, camions ou voitures, dans l’espoir qu’ils me fassent un signe, un regard, quelque chose qui m’indique s’ils avaient vu une cycliste en perdition un peu plus bas. Allait-il falloir me résoudre à tout redescendre ? La misère. Je laisse passer encore 5mn.

15 minutes. Après ce long quart d’heure d’attente où l’inquiétude est montée petit à petit, il a bien fallu me rendre à l’évidence : il s’était passé quelque chose. Je fais demi-tour pour redescendre la côte et voir ce qui se tramait…

  4 Commentaires

  1. francois   •  

    Quel teasing !

  2. Louisette et Charles   •  

    Bonjour les petits,
    Çà alors, un suspense, un thriller, une devinette ?
    Vite, la suite !

  3. Seb G.   •  

    Héhé, les petits fripons !
    Bon bah y’a plus qu’à attendre une paire de jours pour connaitre la suite 🙂

  4. sophie   •  

    Ahhhhhhhhhhh nan c’est pas sympa du tout………..
    Pourquoi tant de haine ?
    Moi je veux savoir ce qui est arrivé à Emilieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeee!
    GGGGGGGGGGGGRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…………

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