En vrac

Roman Photo

Parmi les questions qui nous sont régulièrement posées, celle qui arrive en tête est de savoir quel pays nous avons préféré. C’est ballot, parce que c’est une question sans réponse. Chaque coin du monde a sa spécificité : paysages, hospitalité, architecture, nourriture, différence culturelle… Dans un même pays, d’une région à l’autre, d’une saison à l’autre, c’est déjà tellement différent ! Le ressenti de chaque voyageur dépend fortement de son humeur du moment, des rencontres et expériences fortuites, de ce qu’il a déjà vécu… et parfois même de la météo ! Forcément, nous ne garderons pas le même souvenir d’un lieu en le traversant sous une pluie battante et glaciale ou sous un soleil radieux.

Pourtant, au Kirghizstan, il faut croire que tous les ingrédients étaient réunis pour installer confortablement ce pays dans le peloton de tête de nos destinations favorites. Un savant mélange de belles rencontres, de jolis paysages, de météo favorable, de simplicité, d’hospitalité… Parfois, les photos sont plus parlantes que les mots. En vrac, voilà un petit condensé de nos aventures kirghizes.

 

Cuisine locale

Ne pas aller au « resto » ne nous a pas empêché de goûter à quelques spécialités très locales ! Il y a les grands classiques, que nous avons retrouvé dans toute l’Asie Centrale : le laghman (bol de pâte avec petits légumes et viande), le shorpo (bouillon bien riche, où flottent un morceau de viande et un ou deux légumes), le plov (riz sauté aux petits légumes et à la viande), les mantys (gros raviolis farcis), les samsas (beignets fourrés gros comme la paume de la main)…

Une petite anecdote parmi d’autres ? Emilie se remettait doucement d’une belle gastro. Ce soir-là, nous avions prévu de planter la tente, manger un bol de riz et se coucher tôt. Nous avions dégoté un joli coin pénard près d’un champ. Nous en étions à monter la tente quand le fermier d’à côté à débarqué, curieux et avenant. Nous avons échangé quelques mots en russe et après nous avoir assuré qu’on ne dérangeait personne, il est reparti.

Nous étions tout bien installés, prêt à allumer le feu pour faire cuire le riz, lorsque notre « voisin » est revenu avec un grand sac rempli de patates (5kg au bas mot) et une énorme pastèque. Quelque soit la nationalité, même après leur avoir raconté le principe du voyage, le chemin parcouru et montré les vélos chargés, les gens ont toujours du mal à se figurer ce que c’est de trimballer sa maison complète dans quelques sacoches. Comment leur expliquer sans paraître impoli que nous n’avions pas le matériel pour cuire autant de pommes de terre, et encore moins la place pour emporter tout ça ?

Nous l’avons chaudement remercié tout en tentant de refuser ce qu’il nous tendait, mais il a dû penser que c’était par politesse. Il a alors changé de tactique en insistant pour nous inviter à dormir chez lui au chaud. Nous avions beau lui montrer que la tente était déjà plantée, les lits tout bien faits et nos affaires déballées, il ne lâchait pas le morceau. Nous n’avons pas eu d’autres choix que de tout remballer et accepter son hospitalité.

Une nouvelle fois, nous avons passé une agréable soirée, à partager le repas d’une famille bien sympathique : le grand-père, son frère, ses fils, sa fille, sa belle-fille, quelques petit-enfants… Au menu du dîner, une tête de mouton bouillie ! Chacun pioche avec la main dans le plat posé au milieu des convives. Plutôt goûtu, mais les entrailles encore convalescentes d’Emilie se contractaient rien qu’à l’odeur. Pour ne pas offusquer nos hôtes, elle a quand même attrapé un bout de viande au hasard. Pas de chance, elle s’est retrouvé avec le morceau de choix, réservé aux invités de marque : le globe oculaire. Heureusement, l’homme assis à côté d’elle devait savoir que c’était une frontière compliquée à franchir pour un touriste. Il a troqué l’œil de mouton contre un autre morceau moins « exotique ». Peu de temps après, nous étions bien au chaud, dans un bon lit ! Et le lendemain, après âpres négociations, nous sommes parvenus à ne repartir qu’avec un seul kilo de patates.

 

Et voilà trois classiques qu’on retrouve partout en Asie Centrale : viande grillée (shashlik), gros raviolis fourrés à la viande (manty) et soupe à la viande (shorpo). Les végétariens n’ont pas la belle vie par ici…

 

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