China Express

Attention, petit retour arrière !!
Il y a pile un an, nous faisions face à une belle vague de froid polaire à notre arrivée en Chine. La même chose est en train de se produire un an plus tard, cette fois-ci en Iran !! Nous avions ces deux articles en stocks, c’est le moment idéal de les publier !

Un plan simple

Le 21 novembre 2015, nous avons quitté la Corée du Sud en embarquant sur un ferry au port d’Incheon. Après une traversée de la mer jaune de seize heures, nous posions le pied à Qingdao, en Chine. C’est un des rares pays où nous avons débarqué sans avoir pris la peine de préparer le terrain. L’objectif était simple : rejoindre la frontière vietnamienne avec nos 30 jours de visa.

Même en allant au plus court, ça nous fait déjà quelque chose comme 2500 kilomètres à parcourir, sans compter les petit détours pour aller acheter une baguette à la boulange du coin. Au passage, on conseille aux cyclo-touristes le site gratuit Ride With GPS qui permet de définir un itinéraire et sa topographie en deux ou trois clics. Réaliser la carte ci-dessus m’a pris moins d’une minute. Ça nous permet de constater que le dénivelé du trajet est aussi valloné qu’aux pays-bas, avec un « pic » à 251m. Mais en restant réalistes, au regard de ce qui s’est passé ces neufs derniers mois, atteindre la frontière vietnamienne en pédalant n’était pas dans nos cordes. Les histoires de visas, c’est quand même une grosse contrainte. Nous avons décidé de ne pas passer trop de temps à choisir où nous allions pédaler ou pas. Changer notre itinéraire du tout au tout est arrivé tellement souvent que cette fois, nous roulerons vers le sud-ouest et on avisera plus tard selon notre avancement.

 

Du billard

Des cyclo-touristes chinois rencontrés en Bouriatie (Russie) nous avaient prévenus qu’en Chine, les routes sont bien larges et d’excellente qualité, parfaites pour le voyage à vélo. Ça s’est confirmé dès les premiers kilomètres, que ce soit en ville ou en campagne. En revanche, nous n’avons pas trouvé beaucoup d’infos sur la légalité du camping sauvage dans les campagnes chinoises. A croire que ça soit tellement invraisemblable de planter sa tente dans la pampa qu’ils n’ont pas pris la peine de légiférer sur la question. Même pas peur, pour notre première nuit on s’est juste un peu écarté de la route. Aucune habitation à des kilomètres, pourtant le terrain était remarquablement bien entretenu avec de jolis petits arbres tout bien alignés. Comment peuvent-ils aussi bien entretenir les bords de route sur des kilomètres ? Mystère, mais ça ne nous a pas empêché de bien dormir.

 


 

Après deux jours à rouler sous la pluie, sur une route confortable, mais aussi plate que sans intérêt, nous sommes arrivés chez Ahmed et Seven à Rizhao, petite bourgade de plus d’un million d’habitants. L’occasion de vivre une belle tranche de culture… égyptienne ! Ahmed (égyptien, donc) est marié à Seven (chinoise), tous les deux profs d’anglais. Tout comme le frère cadet d’Ahmed qui vit dans le même quartier. Même le benjamin de la fratrie était aussi dans l’appart, en séjour prolongé pour préparer ses examens. A l’origine, nous devions rester seulement une nuit. C’était sans compter la vague de froid qui s’est abattue sur l’est de la Chine.

 

Quand les éléments se déchaînent

En deux jours, les températures ont chuté de dix degrés en dessous des normales saisonnières, avec un pic de froid annoncé à -13°C. Changement de programme : au lieu de prendre le train sur la dernière partie du trajet, nous irons pédaler au sud, là où les températures sont plus clémentes. Le peu de train partant de la gare locale n’allaient pas dans la bonne direction. Nous pouvions soit retourner sur nos pas à Qingdao, soit prendre le bus. Nous avons appelé la gare routière pour connaître les tarifs et les horaires. Le jour suivant, nous prendrons un bus pour Changsha à 1500km de là ! Ça semblait si facile. Ça ne l’a pas été du tout.

Nous sommes arrivés largement en avance, histoire de pas rater le bus. Dans un état d’esprit tout à fait serein et calme. Après une heure de discussions sans queue ni tête avec le personnel de la gare routière de Rizhao, nous avons bien failli les bouffer tout cru. Des bus bloqués par la neige, ça arrive. C’est même pour ça qu’on ne voulait pas faire la route en vélo. Des bus complets, aussi. Mais à un moment, le bus, soit on peut le prendre, soit on ne peut pas. Rien que pour nous, ils ont dépêché une délégation de quatre agents clairement pas habitué à « gérer » des étrangers.

 

Entre des tarifs qui grimpent sans raison, les bus peut-être annulés, les bus complet sauf en payant un supplément, ou celui qui ne part pas car trop peu de passagers… Ils nous fournissaient des informations contradictoires d’une phrase à l’autre. C’est bien simple, c’est la première fois que je vois Emilie, habituellement d’une diplomatie sans faille, vraiment s’énerver contre quelqu’un.

Nous n’avons finalement pas pu embarquer le jour prévu. Ni le jour suivant.

La première fois, nos hôtes nous ont souhaité un bon voyage, avec accolades, photos souvenirs et tout le toutim. Nous sommes revenus tout penauds, alors ils nous ont assuré que nous pouvions rester autant que nous le souhaitions. Les fois suivantes, ils nous disaient juste « A tout à l’heure ! », pour finalement nous voir revenir quelques heures plus tard, dépités.

 

En route vers le Sud (enfin !)

Le 27 novembre, nous avons débarqués à la gare routière bien remontés. Après une nouvelle déconvenue, on leur a annoncé que nous voulions prendre le prochain bus qui partait vers le sud. N’importe lequel. C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés à Wuhan, une ville de plus de 10 millions d’habitant.

 

Après un trajet en bus de 20 heures, nous n’avions qu’une envie, nous poser n’importe où, du moment qu’il y a un lit et une douche. Mais nous voulions en finir avec des histoires de transports. Le temps passé à Rizhao nous obligeait à avancer et cette fois, nous avons choisi le train. Nous avons pédalé 16km à travers la ville pour rejoindre la bonne gare. Franchement, nous avons encore une fois été étonné par la facilité de circuler avec nos gros vélos. Cette fois, le personnel au guichet a été nickel. Heureusement, parce que s’ils nous avaient refait la même qu’à Rizhao, on aurait été chaud bouillant pour leur faire bouffer le comptoir. Fatigués et pressés d’en finir, nous n’étions plus trop en état de réfléchir posément. Dans le feu de l’action, nous avons choisi ce qui nous semblait la moins mauvaise option : le soir même, nous enchainions une nuit en bus par une nuit en train couchette !

 


 

Prendre le train en Chine

Après la Russie, prendre le train en Chine est un jeu d’enfant. Le principe est simple : les vélos ne voyagent pas avec nous. Il suffit de les déposer à la gare de départ. Ils partiront dans le premier train qui aura suffisamment de place pour les accueillir. Parfois c’est le même, mais ça peut aussi prendre jusqu’à trois jours. C’est une des raisons qui nous fait prendre un train directement pour Nanning. En attendant les vélos, nous aurons tout le temps de faire la paperasse pour les visas vietnamiens.

 


 

A l’intérieur, c’est un peu pareil que les trains russes, mais agencé différemment. Nous avons acheté nos places au tout dernier moment, nous avons donc eu le droit aux couchettes du haut… Une fois couché, pas bouger !! Mais la grosse différence, c’est au niveau de l’ambiance dans le wagon. En 17 heures de traversée, nous avons eu zéro interaction avec les autres voyageurs. Personne ne parle, personne ne bouge. L’énorme avantage du train russe, c’est la convivialité. Ici elle est quasiment inexistante. Qui sait, nous ne sommes peut-être pas tombés dans le bon wagon.

 


 

Voilà comment nous nous sommes retrouvés à traverser la Chine en grande partie en transport en commun plutôt qu’en pédalant. Et les vélos ? Nous les avons récupéré en parfait état le jour suivant notre arrivée !

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