Changement de braquet !

Erreur tactique

Des petits soucis physiques nous ont amené à réfléchir à toutes les modifications au niveau de la position sur le vélo qui pourraient nous changer la vie. C’est incroyable de voir à quel point bouger la selle de quelques millimètres peut bouleverser nos sensations sur le vélo. Depuis trois mois, les choses se sont largement améliorées, mais il faut dire que nous avons principalement roulé sur du plat…
A l’approche des gros dénivelés, nous avons finit par nous intéresser à un élément auquel nous n’avions pas vraiment fait attention plus tôt : les plateaux avant !

Au moment de l’achat, nous n’avons pas réfléchi à la question : nos montures étaient fournies avec un pédalier de type « trekking » (trois plateaux de 48, 38 et 26 dents) et ça a fait le boulot. Du moins, jusqu’à ce qu’on aborde des routes un peu plus pentues.

En explorant toutes les solutions possibles qui permettraient de nous faciliter la vie, nous avons découvert que pour un vélo transportant un chargement conséquent, ce type de pédalier n’était pas forcément le plus adapté. Ça dépend bien sûr de la force physique du cycliste et de sa manière de rouler. Mais en ce qui nous concerne, après plus de 15 000km, le constat était clair : notre grand plateau était quasiment comme neuf alors que dans les montées, nous avions l’impression de galérer plus que de raison.

Une fois à Chiang Mai (Thaïlande), il était temps de changer nos chaines et nos pignons arrières. Le plateau intermédiaire de nos deux vélos était lui aussi bien attaqué, alors que le grand et le petit plateau étaient toujours en bon état. Mais après réflexion, vu les routes qui nous attendaient au Laos et en Chine, nous avons malgré tout décidé de changer les trois pour passer du format « trekking » au format « VTT ». Chaque plateau a perdu quelques dents dans la bataille : ils en comptent maintenant 44, 32 et 22. A l’arrière, je suis resté au format 11-34, mais Emilie est carrément passée en 12-36. Il paraît qu’avec ça, elle va pouvoir grimper aux murs !

 


 

La révélation

Après un moment d’adaptation, nous nous demandons maintenant comment nous avons pu supporter aussi longtemps de galérer pour rien. Les routes du nord Laos sur lesquelles nous venons de rouler avec nos plateaux flambants neufs comportent des portions de plusieurs kilomètres à 8-10% de dénivelé. Un excellent test ! Et le verdict est sans appel : pour grimper une côte, ça change la vie. Et ce n’est pas tout ! Sur le plat, nous passons beaucoup plus souvent le grand plateau, ce qui permet d’utiliser une panoplie plus large de pignons arrières. L’usure est plus uniforme, ce qui devrait nous permettre d’allonger la durée de vie de l’ensemble. Bref, un excellent investissement !

 

Deore ou XT ?

Puisqu’on en est à causer « technique » : au moment d’acheter les vélos, nous nous sommes longtemps demandés si nous devions investir dans le haut de gamme de shimano (XT), plutôt que dans le moyen de gamme « Deore ». Chez notre vélociste, ça représente un écart d’environ 400€. Le haut de gamme est un peu plus léger, mais quand on transporte 30kg de bagages, on n’est plus à 200g prêt. Personne n’a su nous dire avec certitude si c’était vraiment plus fiable. En fait, il se pourrait même que ce soit l’inverse, légèreté n’étant pas souvent compatible avec durabilité.

Dans le doute, nous sommes partis avec la gamme « pas cher ». Verdict : nous n’avons eu aucun problème avec. Les cyclo-voyageurs que nous avons rencontrés non plus. Car oui, bizarrement, lorsque des cyclo-touristes se croisent, une des questions qu’ils se posent immanquablement est de savoir s’ils ont eu des problèmes avec leur vélo… 🙂 Lorsqu’ils avaient effectivement rencontrés des problèmes, ce n’était pas une question de gamme : quand tu prends un choc violent dans la patte de dérailleur, elle se tord ou casse, quelque soit le prix du matériel.

Même topo pour les pièces d’usures. Chez le vélociste que nous avons dégoté à Chiang Mai, nous avons à nouveau opté pour la gamme « Deore ». Chaine, cassette et plateaux nous sont revenu à 80€. Les mêmes pièces dans la gamme « XT » nous auraient coûté exactement deux fois plus cher. Quel intérêt ? La chaine et la cassette à « pas cher » que nous avions installé avant d’attaquer la Russie nous ont permis de rouler quasiment 10 000km. Quant à nos plateaux avants et nos galets, ils avaient déjà plus de 16 000km au compteur. Payer deux fois plus cher ne nous emmènera certainement pas deux fois plus loin !

 

Quand changer les pièces d’usures ?

L’éternelle question. A écouter les « spécialistes » rencontrés en chemin, nous devrions remplacer notre chaine tous les 3000 kilomètres, et notre cassette toutes les deux chaînes. Il existe un outil spécialement conçu pour vérifier l’état d’usure d’une chaine de vélo. Certains l’utilisent pour nous montrer que nos chaines étaient largement hors d’usage, à changer d’urgence. Quand on leur demande ce qu’on risque à la garder malgré tout, ils ne savent pas bien répondre. C’est comme ça.

Dans le doute, nous appliquons la stratégie opposée, qui consiste à user notre chaîne jusqu’à la moelle avant de la remplacer. C’est d’ailleurs ce que nous avait conseillé Fred, notre vélociste nantais. Tant que les maillons ne « sautent » pas lors d’un pédalage un peu appuyé, il n’y a aucune raison de jeter à la poubelle plusieurs centaines de grammes de métal qui peuvent encore nous servir, malgré les réactions hallucinées de la plupart des vélocistes que nous croisons.

Stratégie gagnante, que ce soit pour l’environnement ou notre porte-monnaie. Lors d’un voyage au long court chargés comme des mules, nous ne sommes pas là pour faire le meilleur chrono. Les vitesses passent un peu moins au poil de cul au fil du temps ? Ça ne nous empêche pas d’avancer. Il n’y a pas de formule magique pour évaluer la durée de vie de la chaîne et des pignons. Un matériel identique, sur le même vélo monté par le même cycliste ne s’usera pas de la même façon selon le contexte (météo, quantité de poussière ou pire, de boue, dénivelés, etc.). Il y a en revanches quelques règles de base à respecter pour l’allonger au maximum :
– Changer les vitesses en douceur (en évitant de trop forcer sur les pédales le temps que ça passe)
– Ne jamais « croiser » la chaine (grand plateau / grand pignon ou inversement)
– Mouliner plutôt que de pédaler « en force » (l’idéal étant une cadence de 80 à 90 tours de pédales par minute)
– Et surtout : conserver la chaîne, la cassette et les plateaux dans un état de propreté acceptable.

Le mieux serait de passer chaque jour une petite dizaine de minutes au nettoyage. Mais dans la pratique, comment dire… On les nettoie quand c’est nécessaire, en tentant de le faire au moins une fois par semaine.

 

L’astuce du chef

Un petit conseil pour la route. Sur les premiers milliers de kilomètres, nous avions tendance à un peu trop lubrifier la chaîne, pensant que ça permettrait de limiter son usure. L’erreur de débutant classique ! Toutes les saloperies de la route venaient se coller sur les maillons, ce qui est exactement ce qu’on veut éviter. Depuis, nous mettons un peu moins d’huile et nous passons un coup de chiffon pour enlever le surplus. A l’usage, on s’est rendu compte que non seulement ça fonctionne tout aussi bien, mais nos ateliers « nettoyage » sont aussi plus espacés !

 

Mong Cycle

Cette information ne sera pas vraiment utile à ceux qui nous suivent depuis la France, mais au cas où un cyclo-voyageur en détresse tombe par hasard sur cet article, on va donner l’info quand même. Si vous avez besoin d’un réparateur de vélo à Chiang Mai, on vous conseille l’équipe de MONG CYCLE ! Des gens sympa, compétents et un gérant qui parle parfaitement anglais. Le fait qu’il soit américain doit jouer un peu. Stuart a insisté pour s’assurer que tout était en ordre avant de nous laisser repartir vers les montagnes. C’est l’occasion de le remercier pour son super boulot et pour ses conseils. Même après notre départ, il se tient au courant de notre avancée et répond toujours du tac-o-tac par email lorsque nous avons besoin d’infos techniques !

  3 Commentaires

  1. Rodrigue   •  

    Merci de ces infos. Je fais jamais de vélos mais j’ai trouvé ça intéressant

  2. Marie   •  

    moi aussi, je suis larguée, j’ai pas tout lu, je comprends rien

  3. Sophie   •  

    ppppppppppppffffffffffffffffffffffff………….trop technique, je préfère lorsque vous nous racontez de belles histoires vécues!
    Mais je conçois que cela puisse intéresser les personnes amoureuses de vélo.
    Donc merci pour ces news!
    love mum

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